Vers une stratégie nationale et un programme d’action national pour la promotion de l’emploi parmi les jeunes.

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Abdelouahed Souhail, a annoncé jeudi à Rabat que son département se penche actuellement sur l’élaboration d’une stratégie nationale et d’un programme d’action national pour la promotion de l’emploi parmi les jeunes, avec un soutien technique de l’Organisation internationale du Travail.
Intervenant lors d’un colloque national sur les défis de l’employabilité au Maroc, organisé par le Conseil économique et social (CES), M. Souhail a indiqué que son département prépare de nouvelles mesures pour la promotion de l’emploi dans l’objectif d’assurer l’adéquation des potentialités des chercheurs d’un emploi avec les besoins des entreprises, de soutenir l’intégration directe au sein des entreprises, d’améliorer la gouvernance du marché de l’emploi et de renforcer le rôle de la région dans la promotion de l’emploi.
Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ambitionne de mobiliser les moyens nécessaires pour la création d’un observatoire national et d’un système informatique national sur le marché de l’emploi, dans le souci d’orienter et d’encadrer les politiques de l’emploi et de mettre à la disposition des intervenants dans ce domaine des données précises permettant de s’informer sur les demandes et les offres d’emploi, a-t-il ajouté.
Pour sa part, le président du CES, Chakib Benmoussa, a souligné que le thème traité par ce colloque revêt une importance singulière en particulier pour les jeunes, ajoutant que la formation d’une main d’œuvre qualifiée connaît des transformations profondes en raison du développement des technologies et de la forte concurrence que connaît le secteur.
La réduction du taux des jeunes chômeurs, l’équation formation/emploi, la lutte contre la fragilité de l’emploi parmi les jeunes et la préservation des postes d’emploi existant sont autant de défis devant être relevés pour améliorer l’employabilité, a estimé M. Benmoussa.
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, a souligné que la problématique de l’emploi a une dimension internationale et constitue une conséquence de la mondialisation.
Le retard enregistré dans l’adoption des industries créatrices d’emploi et la dépendance aux recettes touristiques, aux investissements étrangers et aux transferts des Marocains résidant à l’étranger ont conduit au phénomène du chômage, a poursuivi le ministre, rappelant que les exportations marocaines ne couvrent que 45 pc des importations.
Pour pallier à cette situation, il faudrait assurer l’adéquation de la formation avec les besoins du marché du travail, a-t-il indiqué, ajoutant que le Maroc a besoin de cadres et de compétences.
En l’absence d’un taux de croissance de plus de 6 pc à 7 pc, il est impossible de résoudre la problématique de l’emploi, a soutenu le ministre.
Quant au secrétaire général du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), Abdellatif Moudeni, il a relevé que l’employabilité renvoie directement à la dualité Formation-Emploi, ce qui nécessite la conjugaison des efforts de l’ensemble des parties concernées et des réponses appropriées.
La réussite de la réforme éducative en garantissant la scolarisation des enfants et en dispensant aux jeunes une formation universitaire adaptée aux besoins du tissu économique et social constitue l’un des moyens de résoudre la problématique de l’employabilité, a-t-il ajouté.
Le CSE peut contribuer, en tant que force de suggestion, à l’élaboration de stratégies et de programmes pour la réforme du système national de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique tout en assurant son adéquation avec la vie professionnelle, a indiqué M. Moudeni.

Lopinion.ma

Publié le 19 mai 2012.

Mis en ligne le 21 mai 2012.