Travail et vie personnelle : deux facettes pour un seul être

Restructurations, réorganisations, exigences de productivité, rapidité des évolutions, mutations des valeurs : tous ces évènements impactent aujourd’hui l’espace professionnel et requièrent des capacités d’absorption et d’adaptation considérables de la part des salariés et des managers.

Des ressources pour gérer la vie professionnelle…

Pour gérer au quotidien ces bouleversements, les personnes mobilisent leurs ressources personnelles. Dans le même temps nombre d’entreprises, rendues aujourd’hui plus conscientes des effets négatifs de ces perturbations en termes humain, financier ou d’image, mettent en œuvre de multiples solutions d’accompagnement pour le salarié et le management : anticipation des résistances au changement, écoute interne, coaching, soutien psychologique, actions de gestion du stress, médiation...

… mais un silence de rigueur pour les problèmes personnels

Aux turbulences de la sphère professionnelle, s’ajoutent parfois celle de la sphère privée. Cependant bien peu d’employeurs prennent en compte ces conflits issus des ruptures de liens dans la vie privée, qui restent encore minimisés, ignorés ou encore considérés comme « normaux ». Divorces, séparations, guerres de succession… sont autant d’évènements générateurs de souffrance pour l’individu. Ils peuvent rapidement mener à des sentiments d’injustice et de perte de confiance en soi qui envahissent la personne jusque dans son cadre professionnel. Et pourtant, l’entreprise attend du salarié qu’il laisse ces influx négatifs soigneusement déposés au vestiaire… plus facile à dire qu’à faire !

Considérer la personne dans sa globalité

L’individu est un tout et ce qui traverse sa vie privée impacte sa vie professionnelle. Interrogés, les médecins du travail constatent que ces conflits privés se traduisent souvent par de l’agressivité, un repli sur soi ou au contraire un débordement des préoccupations privées dans l’espace professionnel. Et cela dure parfois longtemps : un divorce pour faute (aujourd’hui 45% des divorces ) atteint en effet en moyenne 18,9 mois, alors qu’un divorce dit « amiable », par consentement mutuel dure 2,6 mois. Ces conflits personnels et les souffrances qu’ils induisent sont majoritairement liés à une rupture de la communication entre les différents acteurs de la vie privée. Le soutien individuel permet à la personne de mieux supporter ces phénomènes hostiles mais ne résout pas le problème à la source. Sortir définitivement d’une spirale négative nécessite une démarche approfondie, associant les parties en présence, telle que le permet la démarche de médiation.

Et favoriser l’accès à la médiation pour la gestion des questions privées

Par une écoute active et la mise en œuvre de techniques de communication/reformulation, le médiateur favorise l’expression de ce qui est important pour chacun et la compréhension mutuelle. Il invite les individus à rechercher en commun des solutions acceptables et durables.
La simple décision de l’individu de s’engager dans cette démarche de sortie de crise favorise la prise de recul et repositionne la personne dans une approche positive qui se répercutera dans son environnement professionnel.
La mise en place de cette approche de médiation adaptée aux conflits de la vie privée (ou médiation familiale) peut être confiée en entreprise aux entités suivantes : Ressources Humaines, Médecine du travail, Comité d’entreprise, assistantes sociales, délégués du personnel, ou tout autre acteur en fonction de la culture de l’entreprise.

Catherine Commune

Mis en ligne le 30 août 2010

etre-bien-au-travail.fr