Salon international de l’Agriculture
325.000 visiteurs en une semaine! le Salon de Paris en a reçu 500.000 à sa 43e édition!
L’amont et l’aval se rencontrent
Belle concurrence interrégions
Au bout des dédales asphaltés du vieux palais qui ceinture Meknès (dont les remparts abritent aussi l’école militaire), surgit d’un coup le Siagrim, au milieu de Sehrij Souani. Une file d’agents de circulation organise l’arrivée des piétons et des quatre roues. Une marée de monde attend à l’entrée, une autre, plus curieuse de l’évènement, observe du haut du bassin de l’Agdal, les énormes pavillons blancs, bleus, le tout étalé sur 10 hectares.
Le Salon international de l’agriculture de Meknès a fermé ses portes jeudi 27 avril, après une semaine folle pour les Meknassis.
Pendant une semaine, un flux continu de personnes s’engouffre dans l’immense pavillon qui fait office d’entrée principale. Un policier posté dans le hall régions évalue à près de 4.000 personnes par heure qui viennent au salon. Le Commissaire du salon, Jawad Chami, a estimé à 325. 000 visiteurs sur la semaine.
Durant l’événement, les foules avancent dans les couloirs des pavillons, en petites masses compactes.
Le flux est continu et hétéroclite pour le moins. Un défilé géant: costumes-cravates, look «officiels» (tons sombres), djellaba fassia (de la jaune à carreaux verts à la classique), marrakchia (rouge, vert, jaune parme), tarbouche tétouani, gandourates sahraouies, etc. se faisaient la concurrence comme les seize régions lors de ce Siagrim: un petit Maroc sur 10 ha. Hommes d’affaires, petits et grands agriculteurs, vétérinaires, machinistes agricoles, exportateurs sont au rendez-vous. L’amont et l’aval ont répondu présent: les associations professionnelles de producteurs et d’exportateurs (Apefel, Aspam, Aspem, Cmpe, ANPVR, etc.) ont leurs stands. Les régions, quant à elles, donnent l’impression d’exulter de leurs exploits.
Une visite parfois déroutante pour les sens: les effluves, ambrés, acidulés, salés-sucrés, côté fruits et légumes, et «d’engrais naturel» côté élevage où se côtoient lapins, chameaux, vaches, moutons et chevaux. Une palette de couleurs, des mélanges infinis d’un même bois qui donne des lignes différentes selon que le stand est «r’bati» ou «soussi».
Si devant les arceaux du stand de la région de Fès un groupe de chanteurs s’époumonent à donner le la (en fait, difficile avec les bendir), dans la grande tente qui regroupe les trois provinces du Sud, on entonne les mélodies du désert avec le volume maximum.
Dans le hall machines, l’Espagne avec ses grosses machines domine l’espace. Parmi les représentants des pays étrangers, il y a la Belgique, l’Egypte, l’Usaid (agence américaine de développement international), le Canada, la France, la Roumanie, le Soudan, l’Argentine, l’Italie et la Palestine.
Les stands rivalisent d’originalité, lignes épurées ou alors traditionnelles, look nature ou sophistiqué. «Il y a des stands que je n’ai vus ni à Saragosse ni à Bologne, ni à Paris. Il faut le souligner, surtout au regard des délais courts dans lesquels opérateurs et associations se sont impliqués», explique le Commissaire du salon, Jawad Chami.
Economiste 28/04/2006
