Rentrée , le dilemme de concilier vie de famille et vie professionnelle

Nous étions pour la plupart en congé et la rentrée démarre en trombe. Nos enfants étant en vacances, nous étions aux petits soins pour eux, mais aussi pour nos conjoints. Tous les parents ont planifié leurs congés pour satisfaire au mieux, mais ne se privent pas de moments privilégiés en couple. Mais le devoir appelle, et le travail reprend.

C'est le début des journées interminables de labeur, des réunions tardives et des rapports ramenés à la maison. Finies les journées à la plage ou les grandes balades en famille, finis aussi pour les petits les cajoleries des grands parents, des oncles, tantes, grands cousins et amis de la famille, c'est le retour à la maison. L'école c'est pour très bientôt et papa et maman reprennent le boulot.

Personne n'y échappe, surtout pas les mères. Elles ont ce petit pincement au cœur dû au sentiment de culpabilité qu'elles ressentent, étant obligées d'abandonner enfants et maris très tôt le matin et de ne les revoir pour la plupart qu'à la fin de la journée. Certes, c'est tous les ans pareil, mais cette «rupture» reste difficile. Raison de plus pour se décider à prendre des résolutions sérieuses pour arriver ne serait-ce qu'à essayer d'atteindre le fameux équilibre entre le travail et la vie de famille.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle demeure un dilemme entier. «Je suis mariée depuis 9 ans et j'ai deux petites filles. Le matin, je pars travailler pimpante, toute la journée je suis hyper dynamique et appréciée pour ma bonne humeur légendaire. Le soir lorsque je rentre, je suis légèrement défraîchie, et là je deviens complètement molle, comme ci je me relâchais complètement. Mes enfants m'en veulent de les laisser tout le temps avec la nounou et mon mari craque. Il ne supporte plus de retrouver la femme qu'il voit partir tous les matins.

J'en souffre moi aussi, car je n'arrive pas à prendre sur moi pour continuer à avoir la pêche le soir!», nous confie Sarah, chef de pub. «Ses horaires sont impossibles et ses semaines interminables, au point que nos filles m'appellent moi, si elles cauchemardent dans leur sommeil. J'ai un travail normal et des horaires normaux moi et elle ne veut pas faire l'effort de changer de carrière et de chercher un cadre lui offrant un minimum de stabilité», se lamente son mari, cadre au ministère des Finances. Ils sont tous deux terrorisés à l'idée que dès la reprise, ce malaise reprenne et ils ne sont pas les seuls tous les jeunes couples actifs ont le même problème de nos jours.

«Attention, met en garde Najwa Alami, psychothérapeute, les récriminations amères ne font pas bouger le conjoint. Au contraire, cela conforte le statu quo : plus l'un se plaint d'être abandonné, moins l'autre a envie de renoncer à son travail ! Quand le travail du conjoint devient l'ennemi n° 1, c'est un peu lui-même qui est devenu l'ennemi à abattre».
Comment faut-il procéder alors ? «Créer des occasions de retrouvailles. Mais, direz-vous, difficile alors d'éviter la crise, qui peut toutefois être salutaire si elle est surmontée. Pour d'autres, ce sont les enfants qui jouent le rôle de déclencheurs», conseille la psy.

La question que nous devons nous poser quand le travail prend le dessus sur notre vie de famille et que nous tombons dans le pièges des conflits familiaux et de l'usure de la culpabilité, c'est de savoir «pourquoi vous investissez-vous tant dans votre job?», explique Mouna Sekkat, conseillère en ressources humaines. «Est-ce le contenu du travail? Le plaisir de faire bien, de faire mieux que ce vous avez déjà fait? L'impression de grandir, d'apprendre? La nature de votre travail vous permet d'influencer votre entourage, d'avoir le sentiment d'être indispensable ? Les raisons et les bonnes excuses peuvent être nombreuses», ajoute la conseillère.

Le conseil de Mouna Sekkat : «Essayez de déterminer honnêtement quelles sont les motivations profondes que vous apporte cette grande satisfaction que vous donne votre travail et qui fait que vous vous y adonnez à cœur joie. Pas facile, mais pas impossible. Après, il ne s'agira pas d'essayer de réduire cette motivation, mais de trouver le soir, les breaks, les week ends enfin les conditions qui vous permettent de la déclencher.

Quand vous aurez bien compris, vous réaliserez que vous ressentirez le même plaisir à vous accomplir dans votre vie privée».

Le Matin.ma