Procter & Gamble veut faire du Maroc son hub régional

• 600 millions de DH sur 10 ans pour moderniser ses usines

• Doubler le C.A. à l’export d’ici à 2010

Procter & Gamble, via sa filiale marocaine IMM (Industries modernes marocaines), consolide sa position. Il ambitionne de faire de sa plateforme casablancaise un hub de production, de distribution et de gestion des affaires aussi bien pour le marché local que les marchés de la sous-région.

Depuis 2003, IMM, devenue Procter & Gamble North West Africa, déploie une offensive commerciale sur le marché algérien, où la filiale tient déjà le rôle de premier exportateur marocain dans ce pays avec un chiffre d’affaires à l’exportation de 250 millions de DH en 2006. C’est le fruit d’un programme d’investissement destiné à moderniser les lignes de production des détergents et nettoyants liquides, ainsi qu’à renforcer le réseau de distribution, selon le directeur général de P&G North West Africa, Loïc Tassel. Pour ce dernier, «la croissance du groupe passera par une expansion des marchés existants dans l’ensemble des pays cibles, le gain de part de marché mais aussi et surtout par une stratégie ambitieuse à l’exportation». A terme, la filiale marocaine devrait doubler son chiffre d’affaires à l’exportation qui pourrait passer de 250 à 500 millions de DH, dont 60% destinés au seul marché algérien. Dans le même temps, le business plan prévoit un doublement du chiffre d’affaires de la filiale qui a atteint 2,5 milliards de DH en 2006.

Pour tenir le pari, P&G mise sur une stratégie revue et corrigée à la dimension de ses nouvelles ambitions. La filiale marocaine de la multinationale américaine, qui a signé une deuxième convention d’investissement avec l’Etat marocain, le 12 septembre (voir www.leconomiste.com), d’un montant de 220 millions de DH, confirme ainsi son engagement. En plus de moderniser l’outil de production, cet investissement servira à accroître la capacité de productions à Aïn-Sebaâ et à Mohammedia et particulièrement pour les détergents, les nettoyants liquides. Cet investissement ira aussi à une ligne supplémentaire de fabrication de couches bébé. Une partie de cette enveloppe servira à augmenter la capacité de stockage du centre de distribution. A noter qu’une première convention d’investissement avec l’Etat marocain, d’un montant de 380 millions de DH, avait été conclu en 2001. Le management alors en place parlait de renforcer la position de P&G dans la grande consommation au Maroc.

La distribution a été grandement facilitée par la construction d’un centre à Mohammedia en 2003 et la signature de partenariats avec deux entités spécialisées dans le domaine, Dislog et Aventis. Mais ce qui conforte le plus Loïc Tassel, c’est la philosophie du groupe en général qui veut que «tous les jours, pas moins de trois milliards de fois, un produit Procter & Gamble est utilisé dans le monde». Au Maroc, le potentiel de consommation pourrait être multiplié par trois.

Publié le 21/09/2007

Leconomiste.com