Près de 6,4 millions de touristes attendus en 2006

On s'attend cette année à une hausse de 10 % des arrivées touristiques au Maroc. C'est ce qu'a tenu à confirmer Adil Douiri, ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale, mercredi au Parlement. 6,4 millions est le nombre de touristes escomptés cette année.

Le tourisme est dans la bonne voie surtout lors de ces deux dernières années, estime Adil Douiri. «On doit établir un partenariat entre les autorités publiques et les professionnels du secteur pour garantir le succès de la Vision 2010». Il faut maintenant accélérer la cadence. On enregistre une insuffisance du rythme de commercialisation et de construction de terrains. La faiblesse réside dans la capacité hôtelière. Selon les responsables, on fait tout ce qu'on peut pour stimuler la création d'un fonds d'investissement hôtelier.

Le Maroc souffre à l'heure actuelle d'un manque flagrant de propriétaires d'hôtels. En fait, les chaînes hôtelières ne sont pas propriétaires des hôtels. Elles ne font que les gérer et les commercialiser. Développer la notion de propriétaire d'hôtel est plus que nécessaire. L'infrastructure doit en effet suivre le nombre de visiteurs qui s'accroît d'année en année.

Quand on augmente le volume des touristes, il faut proposer des produits adaptés. La Vision 2010 tourne autour de cette idée : concevoir une infrastructure de qualité et la faire réaliser. Cette mission n'incombe pas à l'Etat, ne cesse de répéter Adil Douiri. C'est au privé de l'assumer.
La formation des professionnels du secteur est un autre champ de bataille. On note une hausse de 70 % de la capacité de formation au Maroc. «Et ce chiffre continue de monter. On est à 3.500 lauréats/an. On va finir en 2010 vers 7.000 lauréats par an».

Par ailleurs, la distribution du produit ainsi que la publicité sont également nécessaires. C'est un rôle que joue l'Office national marocain du tourisme (ONMT), qui distribue des produits touristiques dans les rayons des supermarchés et communique avec les consommateurs.

Récemment, l'intérêt est surtout focalisé sur la distribution. «Parler au consommateur pour qu'il arrive et ne trouve pas de produit dans les magasins ne sert à rien», explique le ministre.
Il faut aussi adapter le produit aux attentes des clients. C'est le travail des professionnels. Ainsi, on a beaucoup augmenté le budget de la distribution. L'ONMT fait des études quantitatives de marché, il connaît ses segments de clients. Progressivement, on forme les ressources humaines au sein de l'Office, dont on modifie la structure.

On veut que l'Office devienne le bras armé de la politique marketing du tourisme, mais ses ressources restent quand même limitées. De cette manière, on veut restreindre le nombre des marchés car on ne dispose pas d'assez d'argent pour diversifier. C'est ce qui justifie la focalisation de la stratégie sur cinq marchés principaux : France, Italie, Allemagne, Angleterre et Espagne.

Il fallait faire des choix en fonction de cette contrainte financière et concentrer les ressources sur les grands marchés émetteurs. La stratégie de la réduction du nombre du marché semble réussir. On est, à titre d'exemple, passé de 200.000 Espagnols à 370.000 en l'espace de trois ans.