Moukawalati, Démarrage difficile, mais 2007 sera un bon cru
18 Décembre 2006
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Ce programme est tellement ambitieux et innovant que beaucoup de gens voudraient qu'il réussisse très rapidement
Lancé en juin dernier, le programme Mokawalati fait actuellement l'objet d'une intense campagne publicitaire. Censé encourager les jeunes porteurs de projets à créer leur propre entreprise, ce programme, diront les mauvaises langues, semble avoir du plomb dans l'aile.
Des parlementaires n'ont pas manqué tout récemment d'interpeller le ministre de l'Emploi et de la Formation à ce sujet. «Ce programme est tellement ambitieux et innovant que beaucoup de gens voudraient qu'il réussisse très rapidement», nous confie Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle. «S'il y a aujourd'hui des lenteurs, c'est tout à fait normal, puisqu'il y a un processus par lequel doit passer le candidat», poursuit-il.
Pour ceux qui désirent en profiter, il faut tout d'abord déposer son dossier auprès des différents guichets dédiés à ce programme (Chambres de commerce, Fondation Zakoura, entre autres) et passer une première et une deuxième sélection. Par la suite, il faut participer à une formation d'au moins un à deux mois en matière de création d'entreprise. Après quoi le dossier est transféré à la banque, qui dispose de vingt et un jours pour se prononcer par un oui ou par un non. Si oui, le dossier de création d'entreprise est financé sinon, il est réorienté vers d'autres filières. Déjà 10.000 dossiers ont été déposés.
Pas question, dira le ministre, de les traiter à la hâte. Il faut procéder d'une manière rationnelle pour ne pas tomber dans l'effet inverse en mettant les jeunes dans des situations délicates. « Nous voulons financer des dossiers bancables et fiables qui puissent tenir la route, afin de permettre au porteur de projet de créer son entreprise et de la réussir», souligne M. Mansouri. Créer son entreprise s'apparente en effet à un parcours du combattant.
Une fois le dossier accepté, les banques l'évaluent et l'étudient, à leur tour, selon leurs propres critères, alors que l'Etat garantit le prêt à hauteur de 85%. «Elles n'ont de ce fait aucun risque à prendre, rappelle M. Mansouri.
Les banques partenaires ont un cumul d'expériences et de connaissances à même de garantir la réussite des projets et de nous permettre d'éviter les écueils». S'il est vrai que le démarrage est un peu difficile, reconnaît le ministre de l'Emploi, il se dit cependant certain que 2007 sera un bon cru. «Ce qui m'a beaucoup enthousiasmé, c'est qu'il y a une réponse très positive de la part des jeunes de vouloir se lancer et de créer leur propre entreprise.
C'est déjà une culture nouvelle», se réjouit M. Mansouri. La création de richesses passe aussi par l'auto emploi.
REPÈRES
Formation
> La formation à la carte permet aux jeunes diplômés ayant des diplômes de type général, particulièrement les licenciés, de bénéficier d'une formation spécifique dans des métiers pointus et demandés par les entreprises. A travers l'Anapec, l'Etat paie cette formation, étalée généralement sur six mois.
> Un exemple : les entreprise dans l'offshoring ont souvent besoin de techniciens qualifiés bac +2 ou bac+3. 450 jeunes y sont déjà inscrits, avec l'objectif de former en 2007, 6000 jeunes. Des comités régionaux d'employabilité ont été créés dans l'objectif de déterminer les programmes de formation et le type de profils à former par rapport aux besoins locaux.
Pour l'histoire
Alors qu'au début du siècle dernier, la révolution industrielle battait son plein en Europe où l'on enseignait les sciences, notre seule université, Al Qaraouiyine, loin d'être ouverte sur le monde, continue de prodiguer les préceptes de l'Islam et de la Charia.
Nous avons alors raté le coche, puisqu'il n'y avait aucune structure capable de faire intérioriser l'ébullition qui existait à l'époque en Europe. Nous sommes aujourd'hui au même tournant.
Si on rate ce coche, nous allons rater encore notre développement économique et social.
Le Matin Du Sahara
Lancé en juin dernier, le programme Mokawalati fait actuellement l'objet d'une intense campagne publicitaire. Censé encourager les jeunes porteurs de projets à créer leur propre entreprise, ce programme, diront les mauvaises langues, semble avoir du plomb dans l'aile.
Des parlementaires n'ont pas manqué tout récemment d'interpeller le ministre de l'Emploi et de la Formation à ce sujet. «Ce programme est tellement ambitieux et innovant que beaucoup de gens voudraient qu'il réussisse très rapidement», nous confie Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle. «S'il y a aujourd'hui des lenteurs, c'est tout à fait normal, puisqu'il y a un processus par lequel doit passer le candidat», poursuit-il.
Pour ceux qui désirent en profiter, il faut tout d'abord déposer son dossier auprès des différents guichets dédiés à ce programme (Chambres de commerce, Fondation Zakoura, entre autres) et passer une première et une deuxième sélection. Par la suite, il faut participer à une formation d'au moins un à deux mois en matière de création d'entreprise. Après quoi le dossier est transféré à la banque, qui dispose de vingt et un jours pour se prononcer par un oui ou par un non. Si oui, le dossier de création d'entreprise est financé sinon, il est réorienté vers d'autres filières. Déjà 10.000 dossiers ont été déposés.
Pas question, dira le ministre, de les traiter à la hâte. Il faut procéder d'une manière rationnelle pour ne pas tomber dans l'effet inverse en mettant les jeunes dans des situations délicates. « Nous voulons financer des dossiers bancables et fiables qui puissent tenir la route, afin de permettre au porteur de projet de créer son entreprise et de la réussir», souligne M. Mansouri. Créer son entreprise s'apparente en effet à un parcours du combattant.
Une fois le dossier accepté, les banques l'évaluent et l'étudient, à leur tour, selon leurs propres critères, alors que l'Etat garantit le prêt à hauteur de 85%. «Elles n'ont de ce fait aucun risque à prendre, rappelle M. Mansouri.
Les banques partenaires ont un cumul d'expériences et de connaissances à même de garantir la réussite des projets et de nous permettre d'éviter les écueils». S'il est vrai que le démarrage est un peu difficile, reconnaît le ministre de l'Emploi, il se dit cependant certain que 2007 sera un bon cru. «Ce qui m'a beaucoup enthousiasmé, c'est qu'il y a une réponse très positive de la part des jeunes de vouloir se lancer et de créer leur propre entreprise.
C'est déjà une culture nouvelle», se réjouit M. Mansouri. La création de richesses passe aussi par l'auto emploi.
REPÈRES
Formation
> La formation à la carte permet aux jeunes diplômés ayant des diplômes de type général, particulièrement les licenciés, de bénéficier d'une formation spécifique dans des métiers pointus et demandés par les entreprises. A travers l'Anapec, l'Etat paie cette formation, étalée généralement sur six mois.
> Un exemple : les entreprise dans l'offshoring ont souvent besoin de techniciens qualifiés bac +2 ou bac+3. 450 jeunes y sont déjà inscrits, avec l'objectif de former en 2007, 6000 jeunes. Des comités régionaux d'employabilité ont été créés dans l'objectif de déterminer les programmes de formation et le type de profils à former par rapport aux besoins locaux.
Pour l'histoire
Alors qu'au début du siècle dernier, la révolution industrielle battait son plein en Europe où l'on enseignait les sciences, notre seule université, Al Qaraouiyine, loin d'être ouverte sur le monde, continue de prodiguer les préceptes de l'Islam et de la Charia.
Nous avons alors raté le coche, puisqu'il n'y avait aucune structure capable de faire intérioriser l'ébullition qui existait à l'époque en Europe. Nous sommes aujourd'hui au même tournant.
Si on rate ce coche, nous allons rater encore notre développement économique et social.
Le Matin Du Sahara
