MAROC-FRANCE : un fort potentiel d'opportunités d'affaires.

Mohammed Amrabt a dirigé plusieurs années le bureau de représentation à Paris de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) une fonction qu’il vient de quitter dans le cadre d’une restructuration des structures d’investissements marocaines. L’ AMDI vient d’ailleurs de changer de patron puisque Hamid Belfadil remplace Ahmed Fassi Fihri. Mohammed Amrabt nous livre son point de vue sur les nouvelles orientations des investissements marocains vers de nouveaux horizons au détriment de l’Hexagone premier partenaire commercial du Maroc.

Les relations politiques du Maroc avec la France se sont détériorées alors que le secteur des affaires a toujours un bon appétit pour le Maroc. Le Maroc a réussi en quelques années à s’installer confortablement en France.Un travail en profondeur a été effectué sans pour autant faire le tour de toutes les régions Françaises. Beaucoup de potentialité existent notamment, le secteur des PME et ETI. En raison de la crise économique, de nombreuses PME essaient de s’internationaliser et le Maroc constitue une étape importante pour eux. La montée aussi en gamme notamment dans des activités à haute valeur ajoutée intéresse plusieurs entreprises mais des limites se font sentir au Maroc notamment la disponibilité d’une main d’œuvre compétente. Nous sommes beaucoup sollicités par ces entreprises et les demandes sont très nombreuses.

Une nouvelle vision industrielle


Nos responsables vont très vite dans leurs choix. On ne gère pas le développement économique de tout un pays comme on gère un cabinet privé. Les paramètres sont beaucoup plus nombreux et complexes, les enjeux et l’environnement international aussi. Nous avons aujourd’hui plusieurs opportunités et je persiste pour dire que c’est avec nos partenaires stratégiques européens et africains que nous pouvons relever ces défis. C’est vrai l’Asie et l’Amérique sont des nouveaux marchés pour notre pays. On ne peut pas créer plus de 500.000 emplois rien qu’avec la Chine en très peu de temps. La Chine n’a pas encore fini son développement local, et les salaires restent encore très bas pour que nous puissions bâtir notre nouvelle stratégie sur ces hypothèses. Les distances culturelles et linguistiques ont besoin de plus de temps pour se réduire. Je trouve que notre plan est trop prématuré par rapport à l’état actuel de la Chine. La crise européenne est très passagère, sa richesse et sa potentialité restent et resteront importants. Il ne faut pas que nous trompions de chemin et perdre notre capitalisation suite a une tempête passagère amplifiée par ceux qui nous envient. L’Afrique aussi reste le continent de demain. Notre priorité est de consolider les efforts entrepris par Sa Majesté Le Roi lors de ses dernières visites. La régionalisation annoncée et qui arrive un peu tard est un atout considérable pour donner la chance à chacun et éviter qu’une petite poignée de personne ne prennent en otage la destinée de toute une région. Les marocains résidents a l’étranger (plus de 5 millions dont le revenu est 2 fois supérieurs à celui du Maroc tout entier avec ses 35 millions d’habitants) est un axe mal exploité, voir écarté, par l’administration et notre vision stratégique doit de les prendre en compte. La priorité du Maroc doit se faire sur l’éducation et la formation. Ce sont les générations futures qui relèveront le défi dans des secteurs novateurs. Il faut arrêter la culture de clans, qui divise une société à plusieurs vitesses, pour libérer les forces vives du pays dans un climat serein et transparent.

Mohammed Amrabt, ancien responsable du bureau de l’AMDI à Paris


Afriqueinside.com

Publié le 15 janvier 2015.

Mis en ligne le 16 janvier 2015.