Maroc-Espagne: La migration économique temporaire comme contribution au développement

A l'occasion du premier Forum mondial sur la migration et le développement, qui s’est tenu du 9 au 11 juillet à Bruxelles, le Maroc a coprésidé avec l'Espagne une table ronde sur "La migration économique temporaire comme contribution au développement". La délégation marocaine était représentée par Youssef Amrani, directeur général des relations bilatérales au ministère des Affaires étrangères et de la coopération.

• L’Economiste : Vous venez de participer au 1er Forum mondial sur la migration et le développement. Quel bilan ?
- Youssef Amrani : Pour le Maroc la migration est une question de coresponsabilité entre l’ensemble des partenaires, à savoir le pays d’origine des migrants, le pays de transit et le pays de destination. Il faut donc travailler ensemble dans le cadre d’un partenariat franc et sincère pour apporter des réponses appropriées à la problématique migratoire. Oui pour les mesures sécuritaires, oui pour le contrôle des frontières mais surtout oui pour le développement. Car sans développement on ne peut pas s’attaquer aux causes profondes de la migration. Ici à Bruxelles le Maroc est très présent car l’expérience marocaine dans le domaine du développement des migrations légales et plus particulièrement ce qu’on appelle la migration circulaire ou la migration temporaire. L’expérience maroco-espagnole est très bien perçue. Elle permet aux participants de voir qu’on peut, en travaillant ensemble et dans le plein respect des uns et des autres, coopérer dans le domaine des migrations légales. Deuxièmement, j’observe que la migration est désormais un élément fondamental dans l’agenda politique européen.

La question du retour des migrants temporaires dans leurs pays d’origine a été soulevée à maintes reprises. Qu’en est-il des migrants marocains en Espagne ?
- Tous retournent au Maroc. Ceux qui vont en Espagne pour un travail ponctuel sont encadrés, ils ont leurs familles au pays et ils retournent dans leur région, riches d’une expérience de travail. Au Maroc nous sommes ouverts, nous n’avons pas de complexe. Dans le domaine de la coopération transfrontalière, nous coopérons avec les Espagnols parce que, au Maroc, nous avons une vision claire: il faut lutter contre les réseaux de passeurs de clandestins, il faut lutter contre les migrations irrégulières mais il faut également encourager les gens à migrer légalement, qu’ils soient migrants temporaires ou étudiants, raison pour laquelle nous militons pour la facilitation de la délivrance des visas.

Publié le 13 Novembre 2007

L’économiste du 16 juillet 2007