Maroc 2013: Une forte croissance avec beaucoup de déficits.

Selon les dernières déclarations du Haut Commissariat au Plan et les diverses informations publiées par Bank Al Maghrib et le ministère des Finances, l’année 2013 verra la poursuite de la dégradation de nos indicateurs économiques malgré une nette amélioration de la croissance du PIB estimée entre 4 et 5%.

Pour bien caractériser notre économie aujourd’hui nous vous présentons des estimations de l’évolution probable du déficit commercial, du déficit budgétaire, de la dette publique, et de nos avoirs en devises.

Plus de 200 milliards DH de déficit commercial
À fin 2013, ce sont plus de 200 milliards de dirhams de déficit commercial qui nous attendent.
En effet, la facture énergétique ne va pas s’effondrer en 2013: le pétrole a l’air très stable, au-dessus de 110 dollars le baril, et rien n’augure une baisse.

Malgré une stabilisation de nos importations et de nos exportations, il faut s’attendre à une légère augmentation du déficit commercial, car à ce jour la croissance de nos importations est toujours plus forte que celle de nos exportations.

Les avoirs extérieurs toujours soumis à une forte pression
Malgré l'espoir de recevoir en 2013 une partie des dons promis par les pays du Golfe, cela ne permettra pas de réduire la vitesse de détérioration de nos avoirs extérieurs, car le déficit commercial reste une donnée structurelle difficile à contrecarrer en une seule année.

Le Haut Commissariat au Plan voit déjà les avoirs extérieurs atteindre le niveau de 2,5 mois d’importations (biens et services), soit un montant total des avoirs nets de 110 milliards de dirhams à fin décembre 2013.

La gestion budgétaire ne présage aucune amélioration
La gestion budgétaire au jour le jour ne présage aucune amélioration: en effet, aucune avancée majeure dans la recherche d’économies au niveau des dépenses ordinaires de fonctionnement n’a été mise en place.
Les dépenses de l’État continueront sûrement au même rythme et les aménagements de la Caisse de compensation ne seront opérationnels au mieux, qu’à la fin de l’année. Du moins, si le gouvernement arrive à mettre en œuvre sa réforme.

-8,5% à fin 2013
Le déficit budgétaire qui atteint -7,1% du PIB en 2012 devrait donc poursuivre sa tendance pour atteindre -8,5% en 2013.

La dette publique
Les besoins en financement de l’État sont devenus importants, de l’ordre de 70 milliards de dirhams par an, compte tenu notamment du déficit budgétaire récurrent. À elle seule, la dette de la trésorerie générale atteindra 523 milliards de dirhams à fin 2013, soit 61% du PIB.
Mais certes, nous bénéficions encore d’un regard bienveillant de la part des institutions financières internationales, qui ne prennent pas en considération l’endettement des établissements publics, endettement qui représente environ 150 à 160 milliards de dirhams.

Une consommation intérieure soutenue et des IDE qui ne nous abandonnent pas
La Caisse de compensation et l'emploi dans la fonction publique jouent un rôle essentiel dans la stimulation de la consommation intérieure.
Si on y ajoute les dépenses d'investissements sur le budget de l'État et la gestion parallèle des comptes spéciaux, il s'agit d'une injection d'environ 125 milliards de dirhams chaque année soit 15% du PIB.
Cette forte injection annuelle de fonds de l'État dans notre économie, conjuguée avec environ 20 milliards de dirhams d'investissements nets étrangers, permet au pays de maintenir sa croissance et de continuer d'avoir la grâce des institutions internationales.

Abdelhaq Sedrat.

Aufaitmaroc.com

Publié le 11 février 2013.

Mis en ligne le 18 février 2013.