L’entrepreunariat au Maroc érigé en exemple.

Le Maroc, qui abrite plusieurs entreprises étrangères opérant notamment dans les secteurs de l’aéronautique et de l’industrie automobile, est devenu l’exemple même d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, a souligné samedi après-midi à Paris le délégué général de l’Institut de prospection économique du monde méditerranéen (IPEMED), Jean-Louis Guigou.

Intervenant lors d’une table ronde sur le thème “la colocalisation, nouveau catalyseur pour l’entreprenariat”, organisée dans le cadre de la 7ème édition de la journée de création d’entreprise, initiée par l’association “Maroc Entrepreneurs”, M. Guigou s’est dit convaincu qu’il va y avoir dans les prochaines années une déferlante d’activités qui vont partir de l’Europe en direction des pays de l’Afrique du Nord et plus particulièrement le Maroc, connu pour sa stabilité politique, les garanties qu’il offre aux investisseurs étrangers ainsi que par les infrastructures dont il dispose.

Le destin des pays du nord “développés et vieillissants” se joue avec les pays du sud, a-t-il dit, relevant que le concept de colocalisation permet le partage de la valeur ajoutée et des bénéfices ainsi que le transfert de technologie.

Rappelant que la première expérience de colocalisation ou de partage de la production est partie du Japon, qui avait décidé dans les années 50 et 60 que la Corée du sud, Taïwan Hong Kong ou Singapour seraient dans 15 années à venir des dragons, M. Guigou a indiqué que ces pays se sont préparés à une déferlante d’activités qui ne pouvaient être conduites au Japon à cause notamment de la cherté des prix des terrains et de l’énergie et du vieillissement de la population.

Les pays occidentaux sont condamnés à opter pour ce concept en nouant des relations de partenariat gagnant-gagnant avec les pays du Sud, a-t-il relevé, soulignant que la colocalisation ne signifie nullement un départ de l’investissement des pays du nord mais un partage de la production, profitant aussi bien aux économies du Sud et du Nord.

Pour sa part, l’ambassadeur du Maroc en France, M. Chakib Benmoussa a souligné que l’économie marocaine connait une certaine résilience dans une période d’environnement économique international morose en 2013, notant que les prévisions tablent cette année sur une croissance de 4,8 pc.

Cette dynamique, a-t-il expliqué, est liée à une bonne campagne agricole, au développement de certains secteurs notamment le tourisme et l’agroalimentaire ainsi qu’à la confiance des investisseurs étrangers dans l’économie marocaine.

Evoquant des points de fragilité de l’économie marocaine, notamment le déficit budgétaire dû au choix opéré par le Royaume de préserver le pouvoir d’achat à travers le mécanisme de la caisse de compensation ou du déficit de la balance des paiements, qui est soutenable, M. Benmoussa a mis l’accent sur la nécessité de favoriser les conditions permettant la création de l’emploi à travers l’encouragement et la promotion des PME et PMI exportatrices à l’international.

“Derrière le concept de colocalisation, il y a un potentiel important qu’il faut traduire concrètement et faire en sorte que cette approche gagnant-gagnant n’intervienne pas seulement pour préserver les marchés existants, mais aussi pour conquérir de nouveaux marchés”, a-t-il dit, soulignant que le Maroc, à travers une centaine d’entreprises étrangères dans le domaine de l’aéronautique qui s’y sont installées, réalisant un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et contribuant à la création de huit à neuf mille d’emplois, est devenu un acteur et un point de passage dans la chaine mondiale de production.

Le Maroc, qui a un atout majeur à savoir sa proximité géographique avec l’Europe, qu’il a su bien valoriser à travers ses projets structurants dans les domaines des infrastructures et de la logistique, est devenu aujourd’hui un partenaire privilégié pour gagner le pari de la colocalisation, a indiqué le diplomate marocain.

Et de conclure que le renforcement de la connectivité au reste du monde, la dimension formation et la consolidation du secteur financier pour l’accompagnement des entreprises marocaines sont des conditions essentielles pour gagner le pari de la colocalisation.

Maroc Entrepreneurs, qui a organisé cette journée, est une association qui a pour vocation de contribuer au développement économique du Maroc en encourageant les Marocains à l’étranger ou des personnes fortement attachées au Maroc à créer leur entreprise au Maroc, en faisant découvrir l’univers de la création d’entreprise et l’actualité socio-économique du Maroc et en établissant une synergie entre les entreprises basées au Maroc et les compétences marocaines à l’étranger.

LNT/MAP

Int.ma

Publié le 1er décembre 2013.

Mis en ligne le 2 décembre 2013.