Lecture, maths, sciences… Le Maroc élève très moyen.
19 Mai 2015
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Les rapports confortant l'échec de l'éducation nationale se multiplient. Le dernier en date est celui de l’OCDE «Compétences de base universelles: qu'est-ce que les pays ont à gagner»(1), qui tire à boulets rouges sur le système scolaire marocain. Les conclusions se basent sur les résultats généraux des tests en lecture, mathématiques et en sciences.
Sur un total de 76 pays, le Maroc est classé à la 73e place en termes de compétences de base. L’évaluation concerne les élèves de 15 ans. Le Royaume fait partie des pays où plus des deux tiers des élèves n’arrivent pas à atteindre le niveau de compétences de base. Ces résultats devront en principe interpeller le ministère de la tutelle et surtout le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique qui examine le projet de la vision stratégique pour la réforme de l'école marocaine (2015-2030).
L’OCDE s'est notamment basée sur les résultats aux tests internationaux PISA (Program for International Student Assessment) et TIMMS (Trends in International Mathematics and Science Study). Le Honduras, l'Afrique du Sud et le Ghana occupent les dernières places. Même les pays les plus riches du monde ont des populations importantes sans compétences de base: le Luxembourg (25%), la Norvège (22%), les Etats-Unis (24%) et la Suisse (14%).
Les meilleures places reviennent au Singapour, Hongkong, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan. Singapour est un modèle de réussite puisqu’il affichait dans les années 1960 un taux d’analphabétisme des plus élevés au monde.
Les auteurs du rapport ont tenté de démontrer qu’il existe un lien entre l'éducation et la croissance économique. L’éducation serait ainsi un moyen important pour mesurer la productivité et la richesse. En effet, le Royaume pourrait augmenter de 15 fois son PIB actuel si tous ses élèves arrivaient à acquérir les compétences de base. Ce qui améliorerait l’emploi et participerait à réduire la pauvreté.
A noter que ces résultats de l’étude seront présentés officiellement cette semaine en Corée du Sud, à l’occasion du Forum mondial sur l’éducation de l’Unesco (du 19 au 22 mai 2015).
Les dégâts de l’absentéisme
Dans son bilan de l’éducation pour tous, l’Unesco s’est inquiétée surtout du phénomène de l’absentéisme. Le Maroc est cité parmi les pays où les pertes d’heures de cours représentaient entre 39% et 78% du temps d’instruction officiellement prévu. L’absentéisme des enseignants a des répercussions négatives sur l’apprentissage des élèves, en réduisant le nombre d’heures où les enfants bénéficient réellement d’un enseignement. Le temps réel disponible pour l’instruction dépend également de la manière dont les enseignants et les élèves font usage du moment passé en classe. La perte de temps d’instruction et son utilisation inefficace sont la marque d’une éducation de mauvaise qualité, qui, dans bien des pays, rend l’enseignement privé plus attractif que l’instruction publique aux yeux des parents. Dans son édition 2015 du Rapport mondial de suivi sur l'éducation pour tous, progrès et enjeux (GMR), l’Unesco a toutefois conclu que la scolarisation primaire universelle est en progression.
Fatim-Zahra TOHRY
Leconomiste.com
Publié le 18 mai 2015.
Mis en ligne le 19 mai 2015.
Sur un total de 76 pays, le Maroc est classé à la 73e place en termes de compétences de base. L’évaluation concerne les élèves de 15 ans. Le Royaume fait partie des pays où plus des deux tiers des élèves n’arrivent pas à atteindre le niveau de compétences de base. Ces résultats devront en principe interpeller le ministère de la tutelle et surtout le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique qui examine le projet de la vision stratégique pour la réforme de l'école marocaine (2015-2030).
L’OCDE s'est notamment basée sur les résultats aux tests internationaux PISA (Program for International Student Assessment) et TIMMS (Trends in International Mathematics and Science Study). Le Honduras, l'Afrique du Sud et le Ghana occupent les dernières places. Même les pays les plus riches du monde ont des populations importantes sans compétences de base: le Luxembourg (25%), la Norvège (22%), les Etats-Unis (24%) et la Suisse (14%).
Les meilleures places reviennent au Singapour, Hongkong, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan. Singapour est un modèle de réussite puisqu’il affichait dans les années 1960 un taux d’analphabétisme des plus élevés au monde.
Les auteurs du rapport ont tenté de démontrer qu’il existe un lien entre l'éducation et la croissance économique. L’éducation serait ainsi un moyen important pour mesurer la productivité et la richesse. En effet, le Royaume pourrait augmenter de 15 fois son PIB actuel si tous ses élèves arrivaient à acquérir les compétences de base. Ce qui améliorerait l’emploi et participerait à réduire la pauvreté.
A noter que ces résultats de l’étude seront présentés officiellement cette semaine en Corée du Sud, à l’occasion du Forum mondial sur l’éducation de l’Unesco (du 19 au 22 mai 2015).
Les dégâts de l’absentéisme
Dans son bilan de l’éducation pour tous, l’Unesco s’est inquiétée surtout du phénomène de l’absentéisme. Le Maroc est cité parmi les pays où les pertes d’heures de cours représentaient entre 39% et 78% du temps d’instruction officiellement prévu. L’absentéisme des enseignants a des répercussions négatives sur l’apprentissage des élèves, en réduisant le nombre d’heures où les enfants bénéficient réellement d’un enseignement. Le temps réel disponible pour l’instruction dépend également de la manière dont les enseignants et les élèves font usage du moment passé en classe. La perte de temps d’instruction et son utilisation inefficace sont la marque d’une éducation de mauvaise qualité, qui, dans bien des pays, rend l’enseignement privé plus attractif que l’instruction publique aux yeux des parents. Dans son édition 2015 du Rapport mondial de suivi sur l'éducation pour tous, progrès et enjeux (GMR), l’Unesco a toutefois conclu que la scolarisation primaire universelle est en progression.
Fatim-Zahra TOHRY
Leconomiste.com
Publié le 18 mai 2015.
Mis en ligne le 19 mai 2015.
