Le Maroc repense sa stratégie en faveur de l'emploi.

Le Maroc vient de commencer à travailler sur des changements "radicaux" de sa stratégie en faveur de l'emploi, qui se révèle inefficace.

Le vendredi 23 mai, le ministère de l'Emploi a invité à Rabat des représentants de l'Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que d'autres experts pour débattre d'une nouvelle approche qui sera présentée dès le mois de septembre prochain.

Selon une récente étude diagnostique, les primo-demandeurs d'emploi, les diplômés au chômage depuis longtemps, les jeunes femmes, les handicapés et les populations des zones rurales sont les catégories les plus discriminées sur le marché actuel du travail.

Cette étude souligne également un manque de compétences dans les secteurs privé et public, a indiqué Abdeslam Seddiki, ministre de l'Emploi.

Le chômage est lié notamment au déséquilibre entre l'offre et la demande ainsi qu'à l'incapacité du système d'éducation et de formation d'harmoniser la formation aux besoins du marché du travail, a-t-il ajouté.

L’étude diagnostique montre que les efforts livrés actuellement ne peuvent déboucher sur des solutions permanentes à ces problématiques, et sont incompatibles avec les objectifs de développement du pays. Le risque pesant sur la cohésion sociale est donc réel.

Et les nombreuses stratégies en faveur de l'emploi lancées jusqu'à présent n'ont pas été en mesure d'inverser cette tendance, révèle également ce rapport.

"Cette action a été centrée sur la problématique de gestion de la phase de primo-insertion pour les diplômés, alors que l’enjeu est de gérer l’ensemble des mobilités sur le marché du travail", a expliqué le ministre.

Le Maroc doit maintenant trouver des solutions radicales et profondes, a-t-il déclaré lors du séminaire organisé à Rabat.

"Il est bien d’élaborer un diagnostic détaillé", affirme la sociologue Siham Chtibi à Magharebia. "Mais il faut aussi réaliser une étude scientifique sur les réels besoins du marché de l’emploi afin d’adapter la formation aux exigences du monde de l’entreprise".

Ahmed Karmachi, étudiant âgé de 22 ans, estime qu’il ne sert à rien de se contenter de lancer des programmes d’emploi.

Il cite le programme Moukawalati, dont l'objectif était de soutenir la création d'entreprises, mais qui s'est avéré être un échec, tout comme l'a reconnu le ministre lui-même.

"On doit penser à de nouveaux programmes," reconnaît Khadija Charafi, 24 ans, diplômée en gestion d'entreprise il y a trois ans, mais qui n'a pu depuis trouver un travail permanent.

"La situation actuelle est trop critique. Les jeunes ne peuvent plus supporter le chômage de longue durée", explique-t-elle.

Magharebia.com

Publié le 27 mai 2014.

Mis en ligne le 30 mai 2014.