Le Maroc prépare la carte-jeunes, projets pour l'emploi à l'horizon
12 Décembre 2014
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Les parlementaires marocains appellent à lancer le plus tôt possible le projet tant attendu de la carte-jeunes, ainsi que d'autres propositions.
Il est grand temps d’agir pour doter les jeunes de cartes qui leur sont spécialement dédiées, a déclaré le conseiller Abdesselam Lebbar le 2 décembre devant le parlement. Cette carte destinée aux jeunes leur permettra entre autres de bénéficier de tarifs réduits dans les transports et d'un prix réduit pour accéder à certains lieux.
"Ces cartes existent dans tous les pays, même ceux qui sont plus pauvres que le Maroc. Elles sont importantes car elles permettent de faciliter la mobilité des jeunes", a-t-il souligné.
Le ministre de la Jeunesse Mohamed Ouzzine a pour sa part assuré que le ministère se penchait actuellement sur le projet.
"Si on fixe l’âge des bénéficiaires de 17 à 30 ans, il s’agit du tiers de la population du Maroc. On ne s’attendait pas, au départ, à autant de bénéficiaires et j’avoue qu’on a été vraiment dépassés", a-t-il précisé.
"Malgré les difficultés, cette carte sera bientôt lancée, pour faciliter l’accès des jeunes aux services de base", a-t-il indiqué.
Cette carte-jeunes est l’un des engagements inscrits dans le cadre de la Stratégie nationale intégrée de la jeunesse, élaborée en concertation avec les jeunes, les ministères et les organismes de financement.
"Elle vise à faire des jeunes un axe primordial des politiques publiques", a précisé Ouzzine. "Cette stratégie 2015-2020 a été transférée à tous les départements gouvernementaux, afin de prendre les mesures relatives à sa programmation en ce qui concerne les objectifs et le budget."
Et le ministre de la Jeunesse d'ajouter : "On ne veut pas qu’elle reste juste un slogan, mais elle doit satisfaire les attentes des jeunes."
Une commission chargée d’élaborer le plan d’action a par ailleurs été formée.
"Cette stratégie est suivie par la Banque mondiale, et est considérée comme un modèle en Afrique du Nord", s'est félicité Ouzzine.
Le ministre a également été interrogé sur les actions entreprises pour venir en aide aux jeunes chômeurs. Selon les députés, des mesures efficaces doivent être prises pour lutter contre le chômage au Maroc et éviter que les jeunes ne se perdent dans des "labyrinthes".
Ouzzine a relevé que le Maroc avait récemment lancé, en partenariat avec la Banque mondiale, un programme ambitieux consacré à l’auto-emploi en direction de cinq mille jeunes non diplômés. Les cadres et les organisations locales devraient bientôt commencer à inscrire les bénéficiaires.
"Il s’agit de les doter des outils nécessaires, afin qu’ils démarrent leur vie professionnelle", a expliqué le ministre. "Dans d’autres expériences, le financement avait été mobilisé pour l’auto-emploi, mais en l’absence de formation, tout a été perdu", a précisé Ouzzine.
Pendant longtemps, les hommes politiques n'ont abordé la question des jeunes que dans leurs discours en période électorale, note le sociologue Anis Chefoui. "Aujourd’hui, on parle d’une stratégie avec des objectifs concrets. J’espère que les promesses seront à la hauteur des attentes."
"Les discours des hommes politiques se ressemblent et n’ont eu jusqu'à présent aucun effet sur le quotidien des jeunes", estime Amine Chalti, comptable de 23 ans.
"Au-delà de la question de la carte-jeunes, la priorité doit être accordée à l’emploi et à la formation. Or, jusque là, je ne vois aucun signal d’amélioration", explique-t-il à Magharebia.
Hakima Sbili, étudiante de 21 ans, se montre plus optimiste. Elle espère voir les jeunes véritablement placés au cœur des politiques publiques, comme le promet la Stratégie nationale intégrée de la jeunesse.
"Je veux croire ce gouvernement, qui s’est engagé sur des promesses concrètes comme la carte-jeunes. Mais il faut que ce projet soit concrétisé le plus tôt possible", affirme-t-elle.
Siham Ali.
Magharebia.com
Publié le 9 décembre 2014.
Mis en ligne le 12 décembre 2014.
Il est grand temps d’agir pour doter les jeunes de cartes qui leur sont spécialement dédiées, a déclaré le conseiller Abdesselam Lebbar le 2 décembre devant le parlement. Cette carte destinée aux jeunes leur permettra entre autres de bénéficier de tarifs réduits dans les transports et d'un prix réduit pour accéder à certains lieux.
"Ces cartes existent dans tous les pays, même ceux qui sont plus pauvres que le Maroc. Elles sont importantes car elles permettent de faciliter la mobilité des jeunes", a-t-il souligné.
Le ministre de la Jeunesse Mohamed Ouzzine a pour sa part assuré que le ministère se penchait actuellement sur le projet.
"Si on fixe l’âge des bénéficiaires de 17 à 30 ans, il s’agit du tiers de la population du Maroc. On ne s’attendait pas, au départ, à autant de bénéficiaires et j’avoue qu’on a été vraiment dépassés", a-t-il précisé.
"Malgré les difficultés, cette carte sera bientôt lancée, pour faciliter l’accès des jeunes aux services de base", a-t-il indiqué.
Cette carte-jeunes est l’un des engagements inscrits dans le cadre de la Stratégie nationale intégrée de la jeunesse, élaborée en concertation avec les jeunes, les ministères et les organismes de financement.
"Elle vise à faire des jeunes un axe primordial des politiques publiques", a précisé Ouzzine. "Cette stratégie 2015-2020 a été transférée à tous les départements gouvernementaux, afin de prendre les mesures relatives à sa programmation en ce qui concerne les objectifs et le budget."
Et le ministre de la Jeunesse d'ajouter : "On ne veut pas qu’elle reste juste un slogan, mais elle doit satisfaire les attentes des jeunes."
Une commission chargée d’élaborer le plan d’action a par ailleurs été formée.
"Cette stratégie est suivie par la Banque mondiale, et est considérée comme un modèle en Afrique du Nord", s'est félicité Ouzzine.
Le ministre a également été interrogé sur les actions entreprises pour venir en aide aux jeunes chômeurs. Selon les députés, des mesures efficaces doivent être prises pour lutter contre le chômage au Maroc et éviter que les jeunes ne se perdent dans des "labyrinthes".
Ouzzine a relevé que le Maroc avait récemment lancé, en partenariat avec la Banque mondiale, un programme ambitieux consacré à l’auto-emploi en direction de cinq mille jeunes non diplômés. Les cadres et les organisations locales devraient bientôt commencer à inscrire les bénéficiaires.
"Il s’agit de les doter des outils nécessaires, afin qu’ils démarrent leur vie professionnelle", a expliqué le ministre. "Dans d’autres expériences, le financement avait été mobilisé pour l’auto-emploi, mais en l’absence de formation, tout a été perdu", a précisé Ouzzine.
Pendant longtemps, les hommes politiques n'ont abordé la question des jeunes que dans leurs discours en période électorale, note le sociologue Anis Chefoui. "Aujourd’hui, on parle d’une stratégie avec des objectifs concrets. J’espère que les promesses seront à la hauteur des attentes."
"Les discours des hommes politiques se ressemblent et n’ont eu jusqu'à présent aucun effet sur le quotidien des jeunes", estime Amine Chalti, comptable de 23 ans.
"Au-delà de la question de la carte-jeunes, la priorité doit être accordée à l’emploi et à la formation. Or, jusque là, je ne vois aucun signal d’amélioration", explique-t-il à Magharebia.
Hakima Sbili, étudiante de 21 ans, se montre plus optimiste. Elle espère voir les jeunes véritablement placés au cœur des politiques publiques, comme le promet la Stratégie nationale intégrée de la jeunesse.
"Je veux croire ce gouvernement, qui s’est engagé sur des promesses concrètes comme la carte-jeunes. Mais il faut que ce projet soit concrétisé le plus tôt possible", affirme-t-elle.
Siham Ali.
Magharebia.com
Publié le 9 décembre 2014.
Mis en ligne le 12 décembre 2014.
