Le Maroc prédit une croissance de l'emploi en 2015.

Plus de 103 000 nouveaux emplois seront créés dans le secteur privé au Maroc en 2015, selon une nouvelle étude publiée jeudi 25 décembre.

L'offshoring, les secteurs de l'automobile et de l'aviation représenteront près de quarante pour cent des emplois dans le secteur privé, estime ce rapport diagnostic du ministère de l'Emploi.

Viendront ensuite le tourisme, le commerce et la distribution, et l'agroalimentaire. Les technologies de l'information figurent également sur la liste des secteurs recruteurs en 2015.

Les secteurs traditionnels, comme le textile, l'immobilier, l'agriculture, la construction et les travaux publics continueront pour leur part à proposer des emplois.

Plusieurs facteurs expliquent la forte demande d'emplois en 2015, selon l'économiste Abdelali Narjissi.

Dans le seul secteur de l'agriculture, l'un des plus importants de l'économie marocaine, les récentes fortes précipitations laissent envisager une bonne année "créatrice d’emplois et de richesses", explique-t-il à Magharebia.

Et dans la loi de finances 2015, le gouvernement a très sensiblement augmenté son budget d'investissement.

"Plusieurs entreprises marocaines seront également en mesure de bénéficier de la reprise des économies européennes", poursuit-il.

Le mois dernier, le ministre de l'Economie Mohamed Boussaid avait déclaré devant le parlement que "en dépit des difficultés au niveau du budget de l'Etat, l'effort d'investissement public a été maintenu de manière volontaire et délibérée".

"L'enveloppe globale d'investissement public s'élèvera à plus de 186 milliards de dirhams pour le budget 2014, soit six milliards de plus qu'en 2013", avait-il précisé.

Pour les jeunes diplômés et les demandeurs d'emploi, cette nouvelle étude laisse entrevoir un horizon plus optimiste.

"C'est certainement une bonne nouvelle, et j'espère que la relance des recrutements sera au rendez-vous dans les mois à venir", explique Kader Al Aoufi, jeune diplômé d'une école privée de management de Casablanca.

Son ami Hamada Boujanbi, lui aussi diplômé de la même école, explique pour sa part : "Je cherche depuis déjà des mois... J'ai pu décrocher un stage d'un mois dans une compagnie d'assurance, mais je dois continuer de frapper à toutes les portes en attendant des jours meilleurs."

Safaa Allouzi étudie quant à elle le tourisme et la gastronomie dans un institut public de Casablanca. "Cette étude de l'ANAPEC me rassure sur le choix que j'ai fait pour le tourisme, qui reste un métier d'avenir sûr", explique-t-elle.

Hafid Kamal, directeur de l'ANAPEC, avait déclaré le 5 décembre que le marché du travail au Maroc dépendait d'une économie solide et d'une offre d'emplois parfaitement à jour avec les besoins et les exigences des employeurs.

Pour sa part, le ministre de l'Emploi Abdeslam Seddiki a indiqué que la Stratégie nationale de l'emploi, qui devrait être lancée d'ici la fin du mois, s'attache à la mise en conformité de la formation avec les besoins des employeurs.

"Cette stratégie s'articule également autour de la gouvernance du marché du travail à travers la réforme horizontale et verticale de l'ANAPEC, pour que son réseau puisse faire de la question de l'emploi un chantier national auquel tous les acteurs doivent contribuer", avait-il déclaré le mois dernier devant les députés.

Cette étude montre que plus de quarante pour cent des emplois à venir seront offerts le long du corridor Casablanca-Tanger.


Magharebia.com

Publié le 29 décembre 2014.

Mis en ligne le 6 janvier 2015.