Le flux des investissements continue.

L’achèvement de la réalisation du complexe industriel Renault Tanger-Méditerranée, situé sur un terrain de 314 ha, a eu un effet d’entraînement très important sur l’accroissement du tissu industriel de l’équipement automobile au Maroc.

En effet, si le Maroc disposait déjà d’une base industrielle à ce sujet, c’est notamment avec le lancement du projet industriel de Renault à Tanger que les plus grands équipementiers automobile internationaux ont réellement commencé à s’intéresser au Maroc qu’ils considèrent comme une importante destination d’investissement. Et au fur et à mesure que le projet de Renault prend forme, les investissements commencent à affluer et les entreprises étrangères de différents pays s’implantent au Maroc, particulièrement à Tanger autour de cette importante usine. Ce qui fait de ce complexe une composante majeure pour l’émergence d’une industrie automobile intégrée au Maroc. Il est à rappeler que Renault Tanger-Méditerranée a déjà entamé sa production en cette année de 2012. Elle devra pouvoir produire à terme à 400 000 unités par année destinée à hauteur de 90% à l’exportation.
Cet investissement, de l’ordre d’un milliard d’euros, permettra de créer au démarrage 36 000 emplois directs et indirects.

Cette dynamique de l’industrie de l’équipement automobile au Maroc a été également favorisée par la stratégie nationale en matière de développement industriel concrétisée par le Pacte national pour l’Émergence industrielle PNEI. En fait, celui-ci a retenu le secteur automobile comme moteur de croissance pour l’économie marocaine vu le potentiel qu’il recèle en matière de création de l’emploi. Par conséquent, ceci a permis à l’industrie des équipements automobile de connaître un essor au cours de ces dernières années, à savoir les équipementiers de rang 2 et 3 ainsi que l’installation d’assembleurs de spécialité. En effet, au terme de deux années de mise en œuvre de cette stratégie, le bilan des réalisations s’annonce encourageant. Lesquelles ont eu un impact très positif sur les performances du secteur qui se sont traduites par l’engagement d’un investissement additionnel de 14 milliards de DH et la création de 8 300 emplois additionnels sur la période 2009-2010, ce qui représente 50% des emplois additionnels générés par les métiers mondiaux du Maroc. Les exportations du secteur ont également enregistré un trend haussier depuis 2005 pour se situer à 12 milliards de dirhams en 2009 et 18,3 milliards en 2010, soit une croissance moyenne de 20,3% sur la période 2005-2010. Cette tendance s’est confirmée pour l’année 2011 avec la hausse de 21,2% comparativement à 2010. L’industrie de l’équipement automobile regroupe plus de 160 entreprises spécialisées.

De même, on a mis en place un plan de promotion et de commercialisation de l’Offre Maroc vis-à-vis des marchés cibles et réalisé d’importants avancements dans le cadre de la mise en œuvre des Plateformes industrielles intégrées (P2I) de «Kénitra Automotive City» et de Tanger Automotive City (achèvement d’une première tranche de 47 ha pour fin 2012), ainsi que l’accélération du projet Renault dont le démarrage est devenu effectif à partir de février 2012. Par ailleurs, si le secteur automobile a été retenu comme moteur de croissance pour l’économie nationale dans le cadre du plan Émergence, c’est parce que l’industrie automobile reste l’un des secteurs qui se sont distingués par des taux de croissance annuels à deux chiffres en investissements et en exportations.
La stratégie de développement s’articule autour de l’implantation d’équipementiers de rang 2 et 3 au Maroc, l’implantation de l’assemblage de spécialité (poids lourds, bus, cars, carrosserie et autres spécialités de niche), l’attraction à terme d’un second constructeur majeur.

L’objectif est de placer le Maroc en tant que plateforme propice au développement de l’industrie automobile à travers la mise en place d’une Offre Maroc automobile (équipementiers, constructeurs, constructeurs de spécialité) basée sur un cadre incitatif et attractif, une infrastructure dédiée dans le cadre de Plateformes industrielles intégrées, un plan de formation de qualité, ainsi qu’un programme cible de communication et de promotion du secteur, focalisé sur les métiers prioritaires du Maroc (câblage, emboutissage, traitement de surface, construction automobile et de spécialité…). L’impact estimé se chiffre à près de 12 milliards de dirhams de PIB additionnels et se traduirait par la création d’environ 70 000 nouveaux emplois dans l’ensemble du secteur à l’horizon 2015.

Tenant compte de ce potentiel de développement majeur, l’État marocain s’engage à mettre en place des mesures concrètes permettant au pays de s’ériger en future base industrielle du secteur automobile international. Vu cette dynamique du secteur, il devra devenir le premier secteur industriel exportateur à partir de 2012-2013, augurant de dépasser celui du textile-habillement. Toutefois, l’émergence d’une industrie automobile nationale forte et compétitive nécessiterait la multiplication et la poursuite des efforts pour faire face à un ensemble de défis et d’enjeux qui entravent la bonne dynamique du secteur. Parmi ces enjeux, il y a lieu de citer la compétitivité du secteur logistique et la formation de la main-d’œuvre qualifiée. En contrepartie, des opportunités s’offrent au secteur notamment dans le cadre de l’accord de libre-échange avec les pays arabes.
Hormis la récente contre-performance sur le marché égyptien, liée à la crise politique qu’a connue ce pays en début 2011, les exportations marocaines de voitures de tourisme vers ce marché ont réalisé une hausse importante depuis l’entrée en vigueur de cet accord. De même, le marché africain recèle des opportunités majeures à l’export.
Atantic Free Zone avance bien

AFZ est l’une des premières plateformes industrielles intégrées de nouvelle génération qui ciblera les secteurs de l’industrie, l’équipement automobile, en l’occurrence.
Prévu sur une superficie totale de 345 ha, le projet AFZ a pour ambition à terme l’intégration de la chaîne industrielle automobile dans la région et la création de près de 30 000 emplois, dont 20 000 directs.
Ce projet avance bien. Cet avancement a concerné aussi bien la zone franche que la zone libre, selon la société Medz, filiale de CDG Développement, aménageur développeur et gestionnaire dudit projet. En effet, précise-t-on, 6 lots sont déjà attribués au niveau de la zone franche, sur une superficie de 16,8 ha. Ce qui se traduit par des investissements prévisionnels de l’ordre d’un milliard de DH et la création de 9 600 d’emplois. Les secteurs concernés sont, entre autres, le câblage automobile et pare-brise automobile. De même, 5 lots sont attribués sur une superficie de 15 600 m² dans la zone libre. Ce qui engage 55 millions de DH d’investissements et générera 145 emplois. Les secteurs concernés sont le câblage, la menuiserie industrielle, l’extrusion plastique, etc.

Lahcen Oudoud.

Lematin.ma

Publié le 15 mai 2012.

Mis en ligne le 15 mai 2012.