Le chômage remonte à 9,4% au second trimestre

• Plus d’un million de personnes cherchent un travail
• Le rural cumule les mauvaises notes avec la perte de 92.000 emplois
• Dans le secteur agricole, 201.000 postes perdus

Petite alerte sur le front du chômage. Au deuxième trimestre 2007, la part des personnes sans emploi par rapport à la population active s’est établie à 9,4% contre 7,8% comparativement à la même période de l’année dernière. Pas trop mal pour une année marquée par une campagne agricole catastrophique et une activité économique en légère décélération. Et ce, même si la situation dans le rural n’est pas très rose et que le secteur agricole a enregistré la perte de 201.000 postes.

Dans les campagnes, le taux de chômage a augmenté d’un point: 3,4% en 2007 contre 2,4% en 2006. En revanche, dans les villes, il s’est établi à 15% contre 13,3% en 2006. La population active sans emploi est donc remontée au-dessus de la barre du million : 1,06 million de personnes étaient à la recherche d’un travail au deuxième trimestre contre seulement 859.000 l’année dernière.
L’analyse des statistiques du Haut commissariat au plan (HCP) montre que le rural a pâti de la mauvaise campagne agricole accumulant ainsi les mauvaises notes avec la perte de 17.000 postes rémunérés et de 75.000 non rémunérés.

En revanche, dans les villes, 143.000 nouveaux emplois ont été créés. Le HCP parle d’une création nette de 126.000 emplois rémunérés. Elle émane en particulier de l’emploi salarié (505.000 postes). L’auto-emploi, en baisse, enregistre une perte de 374.000 postes. Les statistiques relèvent un recul de 5,7 points du taux d’auto-employés.

Ce deuxième trimestre a également été marqué par la bonne tenue des autres secteurs d’activités. Ils sont derrière la majorité des emplois créés. Le bâtiment et les travaux publics se retrouvent en tête avec 54.000 emplois, soit un taux de croissance de 6,9%. Il est suivi par l’industrie, y compris l’artisanat avec 79.000 postes ( 6,5% de croissance) et les services avec 160.000 postes (4,6% d’augmentation). «Les activités mal désignées », une formule dont le contenu n’est pas expliqué par le HCP, sont à l’origine de 3.000 nouveaux postes. Par ailleurs, les jeunes et les diplômés restent la population la plus touchée par ce phénomène. Le taux de chômage des 15-24 et des 25-34 ans dépasse la moyenne nationale. Les premiers sont à 15,5% et les deuxièmes à 14,4%. Quant aux diplômés, ils sont à un niveau de chômage de 18,3%, soit le double de la moyenne nationale. Un niveau qui augmentera certainement avec l’arrivée des nouveaux diplômés sur le marché du travail au troisième trimestre.

Cette situation confirme encore une fois que les initiatives gouvernementales peinent à endiguer le chômage de masse. Le programme Moukawalati sensé encourager l’auto-emploi à travers la création de petite entreprise, a du mal à décoller. Malgré les garanties gouvernementales, les banques sont réticentes à octroyer des financements. Le programme Idmaj avec tous les avantages qu’il présente pour l’embauche des jeunes, ne semble pas non plus séduire les entreprises.

Publié le 09/08/2007

Leconomiste.com