L’autonomie existe seulement sur le papier
21 Juillet 2006
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• La tutelle de la présidence fait de l’ombre à celle de l’Education nationale
• L’établissement a besoin de plusieurs «INDH»
Dans les milieux officiels, on a tendance à se gargariser que l’autonomie accordée par la loi sur la réforme de l’enseignement supérieur aux établissements universitaires a gagné en consistance. A y voir de plus près, l’affirmation n’est pas aussi évidente. En effet, force est de constater que la réforme a au contraire conféré moins d’autonomie aux Facultés que par le passé. Avant, le chef de l’établissement était l’ordonnateur et de ce fait il était libre d’exploiter le budget selon les besoins de son établissement. Aujourd’hui, il est obligé pour chaque opération de solliciter l’aval du président de l’Université. Ce retour en arrière peut donner à penser que l’expérience de l’autonomie financière des Facultés n’a pas été concluante, d’où ce retour à la tutelle de l’Université.
Dans tous les cas, en plus de l’inconvénient bureaucratique, cette méthode de gestion a engendré des tensions entre les chefs d’établissement et la présidence en raison de divergences de point de vue.
Concernant le volet pédagogique, les choses sont différentes. Les équipes pédagogiques conçoivent les programmes conformément au cahier de normes pédagogiques et les soumettent au ministère chaque fois que l’accréditation s’impose. Pour les diplômes d’Université, la Faculté fait approuver son projet au Conseil de l’Université.
Le fonctionnement de ce dernier n’est pourtant pas exempt de tout reproche et fait grincer des dents. Tous les établissements relevant de l’Université sont représentés au niveau de son conseil d’administration. Quelle que soit leur taille, ils sont sur un pied d’égalité quant à leur participation à la prise de décision puisque chaque établissement ne dispose que d’une voix. Cette logique ignore les différences de taille, ce qui constitue une incohérence au regard des contraintes et des enjeux qui sont hétéroclites.
Un des grand enjeux est justement la ressource humaine qui privilégie certains établissements et handicape d’autres. La Faculté de droit semble d’être mal lotie à ce niveau puisqu’une grande partie de ses enseignants-chercheurs se rapprochent de l’âge de la retraite tout simplement parce qu’il n’y a pas eu un rajeunissement du staff depuis les années 80. Alors que les postes budgétaires consacrés se comptent sur le bout des doigts, la logique du besoin en encadrement ne semble pas être respectée lors de la répartition des postes entre établissements. Ainsi, la Fac de droit n’a pas souvent droit qu’à un ou deux postes par an au même titre que l’Ecole supérieure de technologie (EST) de Casablanca par exemple alors que leurs contraintes ne sont pas les mêmes.
De plus, la Faculté éprouve de grosses difficultés à trouver des candidats surtout dans les disciplines de droit privé et de gestion qui accusent le plus grand déficit en encadrement. Déficit accentué par les départs volontaires. «La profession n’attire plus grand monde et les candidats préfèrent se tourner vers le privé», souligne un professeur.
Le déficit se fait également sentir au niveau du personnel administratif. Avec les départs volontaires, ce dernier a été réduit presque de moitié. Pour une Faculté qui compte environ 15.000 étudiants, les fonctionnaires sont débordés surtout en période d’examen et sont parfois obligés de dépasser l’horaire réglementaire. Certains d’entre eux sont obligés de quitter leurs postes pour donner un coup de main aux surveillants ce qui ne manque pas de se répercuter négativement sur le service rendu aux guichets.
L’Economiste.com
• L’établissement a besoin de plusieurs «INDH»
Dans les milieux officiels, on a tendance à se gargariser que l’autonomie accordée par la loi sur la réforme de l’enseignement supérieur aux établissements universitaires a gagné en consistance. A y voir de plus près, l’affirmation n’est pas aussi évidente. En effet, force est de constater que la réforme a au contraire conféré moins d’autonomie aux Facultés que par le passé. Avant, le chef de l’établissement était l’ordonnateur et de ce fait il était libre d’exploiter le budget selon les besoins de son établissement. Aujourd’hui, il est obligé pour chaque opération de solliciter l’aval du président de l’Université. Ce retour en arrière peut donner à penser que l’expérience de l’autonomie financière des Facultés n’a pas été concluante, d’où ce retour à la tutelle de l’Université.
Dans tous les cas, en plus de l’inconvénient bureaucratique, cette méthode de gestion a engendré des tensions entre les chefs d’établissement et la présidence en raison de divergences de point de vue.
Concernant le volet pédagogique, les choses sont différentes. Les équipes pédagogiques conçoivent les programmes conformément au cahier de normes pédagogiques et les soumettent au ministère chaque fois que l’accréditation s’impose. Pour les diplômes d’Université, la Faculté fait approuver son projet au Conseil de l’Université.
Le fonctionnement de ce dernier n’est pourtant pas exempt de tout reproche et fait grincer des dents. Tous les établissements relevant de l’Université sont représentés au niveau de son conseil d’administration. Quelle que soit leur taille, ils sont sur un pied d’égalité quant à leur participation à la prise de décision puisque chaque établissement ne dispose que d’une voix. Cette logique ignore les différences de taille, ce qui constitue une incohérence au regard des contraintes et des enjeux qui sont hétéroclites.
Un des grand enjeux est justement la ressource humaine qui privilégie certains établissements et handicape d’autres. La Faculté de droit semble d’être mal lotie à ce niveau puisqu’une grande partie de ses enseignants-chercheurs se rapprochent de l’âge de la retraite tout simplement parce qu’il n’y a pas eu un rajeunissement du staff depuis les années 80. Alors que les postes budgétaires consacrés se comptent sur le bout des doigts, la logique du besoin en encadrement ne semble pas être respectée lors de la répartition des postes entre établissements. Ainsi, la Fac de droit n’a pas souvent droit qu’à un ou deux postes par an au même titre que l’Ecole supérieure de technologie (EST) de Casablanca par exemple alors que leurs contraintes ne sont pas les mêmes.
De plus, la Faculté éprouve de grosses difficultés à trouver des candidats surtout dans les disciplines de droit privé et de gestion qui accusent le plus grand déficit en encadrement. Déficit accentué par les départs volontaires. «La profession n’attire plus grand monde et les candidats préfèrent se tourner vers le privé», souligne un professeur.
Le déficit se fait également sentir au niveau du personnel administratif. Avec les départs volontaires, ce dernier a été réduit presque de moitié. Pour une Faculté qui compte environ 15.000 étudiants, les fonctionnaires sont débordés surtout en période d’examen et sont parfois obligés de dépasser l’horaire réglementaire. Certains d’entre eux sont obligés de quitter leurs postes pour donner un coup de main aux surveillants ce qui ne manque pas de se répercuter négativement sur le service rendu aux guichets.
L’Economiste.com
