La promotion de l'emploi figure parmi les priorités du budget marocain.

Malgré une conjoncture mondiale difficile, le projet de loi de finances 2014 envisage de lutter contre le chômage des jeunes. Les débats au parlement démarrent le mercredi 23 octobre.

"L’esprit global du projet de budget 2014 vise à promouvoir l’emploi et à consolider la cohésion sociale, tout en poursuivant les grandes réformes structurelles", a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Boussaid le 16 octobre.

Et d’indiquer que pour l’année prochaine, le gouvernement prévoit un taux de croissance de 4,2 pour cent du PIB et une légère réduction du déficit budgétaire, soit 4,9 pour cent.

Le projet de budget 2014 a également prévu quelque 18 000 nouveaux postes dans l'administration publique, soit une enveloppe de 9,16 milliards d'euros correspondant à une hausse de près de 440 millions d'euros par rapport à l'année 2013.

"Malgré la hausse de la masse salariale de six milliards de dirhams (530 millions d'euros), cette mesure s’avère stratégique pour la cohésion sociale, même si la Banque mondiale ne cesse d’avertir le Maroc sur l’importance de réduire le poids de la masse salariale de la fonction publique", a dit à Magharebia l’expert économiste El Houssine Bendriss.

Pour Ali Boulal, analyste financier, une première lecture de ce texte permet de déduire que ces objectifs sont certes ambitieux, ‘‘mais les atteindre reste un grand défi, compte tenu des difficultés du contexte économique qui continue d’affecter les principaux partenaires économiques du Maroc’’, explique-t-il.

Morad Louizi, de la Jeunesse de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), souligne la problématique fondamentale du gouvernement Benkirane : "Il fait beaucoup de promesses aux jeunes en quête d’emploi, mais le résultat sur le terrain reste peu probant et décevant dans la plupart des cas".

Le projet de la loi de finances 2014 prévoit toutefois l'élargissement de l'assiette fiscale, l'intégration de l'agriculture dans le système fiscal à travers l'imposition des revenus des grandes exploitations agricoles et l'exonération des petites et moyennes exploitations.

Sur le plan social, le ministre de la Communication Mostafa El Khalfi affirme que le gouvernement continue d’accorder un intérêt particulier à la cohésion sociale.

"Le projet de loi de finances 2014 propose une série de mesures qui vise à faciliter l'accès aux services de santé, à développer les mécanismes de garantie du logement et à permettre la généralisation de la couverture médicale, soutenir la scolarisation et la qualité de l'enseignement."

Contrairement aux années précédentes du mandat législatif du gouvernement Benkirane, le projet de loi de finances 2014 a été déposé dans les temps réglementaires.

Pour Hamid Molih, jeune technicien en informatique actuellement en stage dans une entreprise du secteur des médias à Casablanca, les mesures annoncées par le gouvernement dans le projet de loi sont importantes pour la création d'emplois à destination des jeunes.

"La volonté du gouvernement de créer des emplois est manifeste, mais c’est insuffisant. Ces mesures doivent être appliquées, et il faut investir davantage dans les secteurs susceptibles de générer des emplois comme les nouvelles technologies de l’information, la sous-traitance, l’aéronautique et l’industrie automobile", explique-t-il.

Abdelouheb Moukit, fraîchement diplômé d'une école hôtelière de Marrakech, voudrait voir le gouvernement développer le tourisme afin d'attirer davantage de visiteurs : "J’espère que le budget alloué au tourisme pour 2014 permettra de redynamiser ce secteur, qui figure parmi les plus porteurs en matière de création d’emplois pour les jeunes au Maroc".

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Publié le 23 octobre 2013.

Mis en ligne le 24 octobre 2013.