La destruction d'emplois dans le secteur manufacturier
16 Juin 2006
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Une étude des flux d'emplois dans le secteur manufacturier, réalisée par la direction des études et des prévisions financières, révèle que les créations brutes d'emplois ont suivi une tendance à la baisse entre la seconde moitié de la décennie 80 et l'an 2003.
Pour la rédaction de cette contribution ponctuelle et pointilleuse, les rédacteurs ont opté pour une approche longitudinale afin de mieux appréhender la question.
Ainsi, les résultats obtenus à l'aide de cette méthode de calcul reflètent l'effet combiné des créations et cessations d'entreprises ainsi que de la décroissance et l'expansion des unités en exploitation continue.
Cette variation est donc tributaire de l'importance et du nombre de création et de disparition d'entreprises d'une part, et des augmentations et des baisses d'activités des entreprises pérennes d'autre part.
Le choix d'analyser cette activité durant une période donnée n'est pas fortuite. C'est le secteur qui paraissait, dans le temps, créateur d'un nombre important d'emplois.
Ce qui était le cas puisque tout un ensemble de dispositifs législatifs, des traitements préférentiels financiers ont été mis en place dans ce sens. Ceci ayant pour objectif l'encouragement de la création et le développement d'entreprises, et partant, la promotion de l'emploi.
Les analystes ont souligné, de prime abord, que les fusions et les absorptions d'entreprises qui représentent de fausses créations et de fausses cessations d'entreprises, ont une incidence non négligeable au niveau des variations d'emplois. En effet, l'acquisition d'une filiale par une autre entreprise se traduit dans l'analyse par la création d'emplois dans l'une et la destruction des mêmes effectifs dans l'autre.
Il ressort donc des résultats, de la période étudiée allant de 1986 à 2003, que les destructions brutes d'emplois sont plus régulières que les créations brutes d'emplois. L'on note également que sur le plan sectoriel, ce sont les industries de l'habillement qui se sont le plus distinguées par la forte croissance d'emplois.
D'ailleurs, le taux de création nette de la branche est le plus élevé de toute l'industrie de transformation. Il est de l'ordre de 6%, soit deux fois le taux moyen. La deuxième place revient au secteur des industries électriques et électroniques qui affiche un taux net de création de 5,5%. En matière de flexibilité du marché de travail, les entreprises ont eu beaucoup plus recours à l'embauche de la main- d'œuvre occasionnelle.
Ce choix effectué par les entrepreneurs est la résultante de la rigidité de la législation du travail. Ces derniers optent beaucoup plus facilement sur ce mode de recrutement. Le constat est clairement mis en évidence par le taux brut de création occasionnel qui est deux fois plus important que le taux brut de création pour l'ensemble du secteur manufacturier.
A terme, cela est apparu pénalisant pour des entreprises à faible niveau de productivité. La qualification du personnel dans cette branche d'activité est primordiale pour faire face à la concurrence de plus en plus accrue.
Ce n'est pas le cas pour les sociétés structurées, voire à niveau élevé de salaire et productivité. Se fondant sur l'analyse de la direction des études et des prévisions financières, on peut dire que les entreprises tournées vers l'extérieur créent plus d'emplois que leurs consœurs travaillant sur le marché local.
A ce propos, la croissance nette des emplois enregistrée par les entreprises exportatrices est deux fois plus importante que celle affichée par les non exportatrices (3,3% contre 1,5%). Celle-ci a chuté de façon significative après les années 80 pour les deux catégories d'entreprises. Durant les trois dernières années, de la période qui a fait l'objet de l'étude, la variation nette a été presque nulle, voire négative.
Sans conteste, les entreprises à forte croissance (taux de création brute supérieure à 100%) ont contribué à plus du tiers (35,4%) aux créations brutes d'emplois tandis que les créations et les pertes d'emplois demeurent concentrées dans un nombre restreint de sociétés.
Pour mémoire, le secteur industriel a connu la création de quelque 10.000 entreprises entre 1986 et 2003 sachant que le concept «création d'entreprise» ne correspond pas forcément à la naissance juridique d'une unité.
On retient également que la période 1998-2003 a été marquée par une forte contribution des nouvelles entités aux créations d'emploi. Quant aux cessations d'entreprises, celles-ci ont enregistré une importante régression se situant aux alentours de 25.000 emplois supprimés par an contre 13.000 emplois par an durant la période allant de 1987 à 1998.
Mais les grandes pertes ont été dûment observées après les années 80. Depuis cette date, les emplois perdus n'ont jamais descendu au-dessous de 10.000 travailleurs par an. Depuis, des mesures de soutien ont été mises en place pour limiter les risques de fermeture et d'échecs d'entreprises.
Et si le secteur manufacturier a été, durant une période donnée pourvoyeur d'emploi, d'autres métiers ont vu le jour et sont considérés comme moteurs de croissance : l'offshoring, l'aéronautique, l'agroalimentaire, l'électronique….
Les retombées, en termes de création d'emploi, de ces activités sont évaluées à près de 400.000 emplois supplémentaires dans la prochaine décennie. D'où la nouvelle politique élaborée, par le gouvernement, qualifiée de ciblée et volontariste.
LeMatin.ma
Pour la rédaction de cette contribution ponctuelle et pointilleuse, les rédacteurs ont opté pour une approche longitudinale afin de mieux appréhender la question.
Ainsi, les résultats obtenus à l'aide de cette méthode de calcul reflètent l'effet combiné des créations et cessations d'entreprises ainsi que de la décroissance et l'expansion des unités en exploitation continue.
Cette variation est donc tributaire de l'importance et du nombre de création et de disparition d'entreprises d'une part, et des augmentations et des baisses d'activités des entreprises pérennes d'autre part.
Le choix d'analyser cette activité durant une période donnée n'est pas fortuite. C'est le secteur qui paraissait, dans le temps, créateur d'un nombre important d'emplois.
Ce qui était le cas puisque tout un ensemble de dispositifs législatifs, des traitements préférentiels financiers ont été mis en place dans ce sens. Ceci ayant pour objectif l'encouragement de la création et le développement d'entreprises, et partant, la promotion de l'emploi.
Les analystes ont souligné, de prime abord, que les fusions et les absorptions d'entreprises qui représentent de fausses créations et de fausses cessations d'entreprises, ont une incidence non négligeable au niveau des variations d'emplois. En effet, l'acquisition d'une filiale par une autre entreprise se traduit dans l'analyse par la création d'emplois dans l'une et la destruction des mêmes effectifs dans l'autre.
Il ressort donc des résultats, de la période étudiée allant de 1986 à 2003, que les destructions brutes d'emplois sont plus régulières que les créations brutes d'emplois. L'on note également que sur le plan sectoriel, ce sont les industries de l'habillement qui se sont le plus distinguées par la forte croissance d'emplois.
D'ailleurs, le taux de création nette de la branche est le plus élevé de toute l'industrie de transformation. Il est de l'ordre de 6%, soit deux fois le taux moyen. La deuxième place revient au secteur des industries électriques et électroniques qui affiche un taux net de création de 5,5%. En matière de flexibilité du marché de travail, les entreprises ont eu beaucoup plus recours à l'embauche de la main- d'œuvre occasionnelle.
Ce choix effectué par les entrepreneurs est la résultante de la rigidité de la législation du travail. Ces derniers optent beaucoup plus facilement sur ce mode de recrutement. Le constat est clairement mis en évidence par le taux brut de création occasionnel qui est deux fois plus important que le taux brut de création pour l'ensemble du secteur manufacturier.
A terme, cela est apparu pénalisant pour des entreprises à faible niveau de productivité. La qualification du personnel dans cette branche d'activité est primordiale pour faire face à la concurrence de plus en plus accrue.
Ce n'est pas le cas pour les sociétés structurées, voire à niveau élevé de salaire et productivité. Se fondant sur l'analyse de la direction des études et des prévisions financières, on peut dire que les entreprises tournées vers l'extérieur créent plus d'emplois que leurs consœurs travaillant sur le marché local.
A ce propos, la croissance nette des emplois enregistrée par les entreprises exportatrices est deux fois plus importante que celle affichée par les non exportatrices (3,3% contre 1,5%). Celle-ci a chuté de façon significative après les années 80 pour les deux catégories d'entreprises. Durant les trois dernières années, de la période qui a fait l'objet de l'étude, la variation nette a été presque nulle, voire négative.
Sans conteste, les entreprises à forte croissance (taux de création brute supérieure à 100%) ont contribué à plus du tiers (35,4%) aux créations brutes d'emplois tandis que les créations et les pertes d'emplois demeurent concentrées dans un nombre restreint de sociétés.
Pour mémoire, le secteur industriel a connu la création de quelque 10.000 entreprises entre 1986 et 2003 sachant que le concept «création d'entreprise» ne correspond pas forcément à la naissance juridique d'une unité.
On retient également que la période 1998-2003 a été marquée par une forte contribution des nouvelles entités aux créations d'emploi. Quant aux cessations d'entreprises, celles-ci ont enregistré une importante régression se situant aux alentours de 25.000 emplois supprimés par an contre 13.000 emplois par an durant la période allant de 1987 à 1998.
Mais les grandes pertes ont été dûment observées après les années 80. Depuis cette date, les emplois perdus n'ont jamais descendu au-dessous de 10.000 travailleurs par an. Depuis, des mesures de soutien ont été mises en place pour limiter les risques de fermeture et d'échecs d'entreprises.
Et si le secteur manufacturier a été, durant une période donnée pourvoyeur d'emploi, d'autres métiers ont vu le jour et sont considérés comme moteurs de croissance : l'offshoring, l'aéronautique, l'agroalimentaire, l'électronique….
Les retombées, en termes de création d'emploi, de ces activités sont évaluées à près de 400.000 emplois supplémentaires dans la prochaine décennie. D'où la nouvelle politique élaborée, par le gouvernement, qualifiée de ciblée et volontariste.
LeMatin.ma
