La cooptation

Le recrutement par parrainage ou cooptation, à ne pas confondre avec le piston est une technique de recrutement à la mode. Presque toutes les entreprises marocaines et multinationales de la place s’y mettent, il n’est pas rare de voir certaines entreprises accorder des « primes de cooptation » pour tout salarié prescripteur ayant recommandé un bon profil en faisant de la cooptation un mode officiel de recrutement.

Xerox France est un exemple parfait. Chez ce constructeur de photocopieurs et d’imprimantes, la cooptation est encouragée depuis plus de 15 ans, après que les responsables eurent constaté que le taux de réussite des recrutements est multiplié par deux lorsque le candidat est coopté.

Au Maroc, il semble que les entreprises ont emboîté le pas. Toujours est-il que le recrutement via les réseaux (cooptation incluse) n’est pas du tout nouveau. Bien au contraire l’essentiel du recrutement des entreprises se fait via cette voie, le bouche à oreille et le relationnel, pour ne pas parler de piston, ont en effet toujours existé. Aujourd’hui, ce mode de recrutement est utilisé de manière plus organisée, notamment à cause de la rareté des profils pointus.

Cette pratique permet de fidéliser les salariés coopteurs, les obligeant à réfléchir avec recul à leur société et au bénéfice qu’elle peut retirer de la collaboration qu’ils proposent. Impliqués dans la vie de l’entreprise, ils se sentent en effet valorisés.

Les risques d’erreurs sont par ailleurs réduits. Grâce au salarié recruteur, il est possible de cerner plus facilement la personnalité du coopté, un des points les plus épineux des processus de recrutement.

Dans l’autre sens, même si la cooptation ne fait pas abstraction des techniques classiques d’embauche, elle permet aussi au candidat « coopté » de passer la phase de tri des CV, ce qui lui assure au moins un entretien. En outre, ce dernier disposant d’informations sûres est à même de juger s’il s’épanouira dans la société.

Aussi pratique qu’elle soit, cette méthode de recrutement ne s’improvise pas. Dans bon nombre d’entreprises, les chasseurs de tête reçoivent, selon leur « chasse », des week-ends dans des hôtels de luxe, des dîners dans de grands restaurants ou encore des primes conséquentes. Dans une multinationale de la place, on accorde 5 000 DH à ceux qui arrivent à dénicher des ingénieurs ou cadres supérieurs et 3 000 DH pour certains techniciens spécialisés. La prime tombe systématiquement si le candidat réussit sa période d’essai.

Le fait de fixer une rémunération peut engendrer des conflits larvés entre collaborateurs qui ont eu à présenter des candidats. C’est pourquoi, la cooptation sans rémunération est préférable.

Recrutement: la cooptation est-elle une méthode efficace? LA VIE ECO carrières - Vendredi 13 Janvier 2006.