Investissements étrangers : L’une des priorités du Maroc, « créer de la valeur ajoutée qui reste dans le pays »

Outre la création d’emploi, l’autre priorité du Maroc en matière d’investissement est de « créer de la valeur ajoutée qui reste dans le pays », a affirmé le ministre de l’Industrie en conférence de presse ce mardi, à l’issue d’une rencontre avec la commission des investissements pour la validation de plusieurs projets. Ils devront bientôt être mis sur pied, créant des emplois et suscitant de plus en plus de partenariats entre opérateurs marocains et étrangers. Détails.

La Commission des investissements a approuvé « 15 projets de conventions et avenants aux conventions d’investissements » ce mardi 9 juin à Rabat, lors d’une réunion présidée par le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, selon le communiqué de presse rendu public à l’issue de la rencontre.
Ces projets dans leur ensemble sont évalués à 24,77 milliards de dirhams et devront créer 3985 emplois directs d’après la même source. Le secteur de l’énergie est celui qui accueille la plus grande part, soit 67%, suivi du secteur du tourisme, immobilier et loisirs (6,5%) et le commerce (6%). Mais bien qu’étant le moins concerné par les investissements, ce dernier secteur reste le principal pourvoyeur d’emplois avec près de 2 500 postes, soit 67% des prévisions de création d’emploi, quand le tourisme, immobilier et loisirs devraient générer 31% d’emplois et 3% chacun pour l’industrie et l'énergie.

Une partie de la valeur ajoutée doit rester au Maroc
D’après le ministre de l’Industie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. « Il y a des projets qui génèrent peu d’emplois, mais une forte valeur ajoutée, c’est le cas des projets énergétiques qui sont d’ailleurs dominant parmi ceux retenus », a-t-il expliqué en conférence de presse. Dans la sélection des investissements étrangers, « nous travaillons avec deux éléments essentiels : la création d’emplois et la création d’une valeur ajoutée qui reste dans le royaume », a-t-il ajouté, estimant que l’objectif du Maroc est en train d’être atteint progressivement. Le ministre cite l’exemple de Renault qui, aujourd’hui, « achète du Maroc 40% de sa voiture fabriquée ». D’après M. Elalamy, l’espoir est d’avoir un tel taux d’intégration pour tous les investissements étrangers dans le royaume.
Par ailleurs, la répartition des investissements en fonction de l’origine du capital montre que 67% des 15 projets retenus par la Commission sont des joint-ventures. Viennent ensuite les investissements nationaux (29%), puis ceux de l'Arabie Saoudite (3%) et des Pays-Bas (1%). « La progression des joint-ventures est un signe très important pour le pays », s'est félicité le ministre, soulignant que les investisseurs étrangers s’allient de plus en plus aux Marocains pour lancer des projets. « Avant, les joint-ventures au Maroc se faisaient beaucoup plus entre étrangers. Aujourd’hui, les opérateurs nationaux deviennent de véritables partenaires pour les étrangers », a-t-il ajouté.

... Toutefois « pas de marocanisation des projets »
Cependant à la question de savoir si le Maroc contraint d’une certaine façon les investisseurs étrangers à s’associer aux locaux, le ministre répond par la négative. « Pour nous, il n’est pas question de marocanisation des investissements. On incite les étrangers à se tourner vers des opérateurs locaux, mais on n’oblige personne à avoir un partenaire marocain », a affirmé M. Elalamy.

D’après lui, les étrangers cherchent d’eux-même de plus en plus les partenaires locaux en raison de leur « technicité, capacité de former, maîtrise du terrain et de l’environnement des affaires » à travers le pays. « Les opérateurs étrangers sont à la recherche d’opérateurs locaux qualifiés et ils en trouvent », a expliqué le ministre soulignant que de nombreux pays n’ont pas cet avantage.

La compétitivité du Maroc séduit
L’autre point phare des nouveaux projets bientôt mis en œuvre concerne leur répartition géographique. 87% d’entre eux sont en effet concentrés dans le Souss-Massa-Drâa, vient ensuite la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz (4%), Tanger-Tétouan (3%), l’Oriental (1%), Doukkala-Abda (1%). Selon le ministre, le grand nombre de projets énergétiques - traditionnellement localisés dans le Souss - explique cette répartition. Il s’en dit toutefois « ravi », estimant que c’est également une réponse à la concentration historique des projets d’envergure dans le Grand Casablanca notamment.
Egalement présent en conférence de presse ce mardi, le directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI), Hamid Benelafdil, a rappelé que les différentes conventions d’investissement approuvées par la Commission permettront aux investisseurs de « bénéficier soit d’exonérations douanières, soit d’exonérations fiscales, soit de subventions venant du fonds d’investissement ».

Au passage, les autorités ont félicité la compétitivité du Maroc désormais prouvée à l’international, avec notamment le classement 2014 du World Economic Forum (WEF) dans lequel le royaume a gagné 5 places, se profilant en leader au Maghreb. « Tous les jours nous sommes approchés par des investisseurs du monde entier qui nous disent que notre pays est compétitif. Les opérateurs regardent le Maroc avec un certain intérêt, même la Chine », a conclu le ministre.

Ristel Tchounand.

Yabiladi.com

Publié le 09 juin 2015.

Mis en ligne le 11 juin 2015.