«Initiatives emploi»: Phase décisive?
2 Juin 2006
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Rencontre début juin pour la mise en œuvre
Idmaje : incitations pour 105.000 emplois
5.500 contrats d’insertion signés en trois mois
ELLES devaient marquer un «tournant décisif» pour l’emploi; contre le chômage. Les assises de l’emploi (septembre dernier) ont abouti aux orientations «Initiatives emploi». Lentement, mais sûrement, le «virage» se dessine, du moins le plan d’action, lequel implique beaucoup d’intervenants (OFPPT, ANAPEC, CRI, Chambres de commerces, associations de microcrédit-Al Amana, Zakoura, Fondep-, FPME-PMI, ministères…).
Hier en Conseil de gouvernement, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mustapha Mansouri, a présenté les fameuses propositions axées sur l’emploi salarié, l’appui à la création de l’entreprise, l’employabilité des jeunes, et la gouvernance du marché de l’emploi (cf. L’Economiste du 10 mai 2006, www.leconomiste.com).
Objectif: création de quelque 300.000 emplois (auto ou salariat). Le programme Idmaje (insertion) accorde aux entreprises des facilités fiscales et sur les charges sociales et l’IGR à hauteur de 6.000 DH pour la première embauche: le contrat d’insertion a une durée de 24 mois, avec 12 mois supplémentaires si l’embauche est définitive: 105.000 postes d’emploi sont concernés. Entre janvier et fin avril, selon l’Agence de l’emploi, 5.500 contrats d’insertion ont été signés.
Début juin, indique le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, une journée sera organisée sur la mise en œuvre des orientations. La création de 30.000 TPE d’ici à 2008 (c’est-à-dire en moins de deux ans, avec un système de 60 guichets d’accompagnement) mobilise toutes les parties prenantes: c’est le programme Moukawalati (mon entreprise).
Les TPE devront générer près de 100.000 emplois. La création de 60 guichets d’ici à 2008 est lancée. Par exemple, l’association de microcrédit Al Amana se charge de 15 GACE (guichets d’aide à la création d’entreprises). Il est dans un premier temps prévu la création de 3 guichets dans les villes de Mohammédia, El Jadida et Tanger.
L’approche, de l’avis de quelques acteurs impliqués, est intéressante, mais il faudra capitaliser sur les erreurs de l’expérience «crédits jeunes promoteurs». Selon le président de la Fédération des PME-PMI, Hammad Kessal, «si la démarche est intéressante, entre la théorie et la pratique, nous avons toujours été surpris par l’écart». Donc, explique Kessal, il faut veiller à trois éléments fondamentaux: un accompagnement sur le terrain par des professionnels et qui soient dévoués. «Ceux qui connaissent la réalité de la création de l’emploi et de l’auto-emploi». Ensuite, l’implication de l’entreprise pour jouer un rôle de parrainage permettra d’ouvrir les portes aux marchés, conseiller et éviter les échecs. Et enfin, autre fondement: l’Administration. «Malheureusement, l’administration reste un obstacle très important. Elle n’a pas énormément évolué. Si les discours sont clairs, sur le terrain c’est autre chose».
Le programme de reconversion pour chômeurs prévoit une enveloppe de 500 millions de DH (selon l’Anapec-Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences). C’est le programme Taahil (mise à niveau).
L’entreprise identifie ses besoins, l’Agence de l’emploi contribue à la formation de personnes correspondant aux besoins. En échange, l’entreprise garantit l’embauche parmi les compétences formées. Les centres d’appels utilisent déjà ce mécanisme. La formation est inférieure ou égale à 600 heures. Enfin, un autre volet concerne l’amélioration de l’intermédiation de l’Agence de l’emploi. Mais, selon les experts (Banque mondiale etc.), il faudrait créer 4 millions d’emplois d’ici à 2015 pour maintenir le niveau de chômage actuel, soit près d’un million d’emplois en deux ans. Ces mesures ne peuvent évidemment pas se substituer au marché. Et d’un autre côté, la création d’emplois n’est pas linéairement corrélée à la croissance, du fait du problème général de la productivité dans le secteur privé.
L’Economiste 26/05/2006
Idmaje : incitations pour 105.000 emplois
5.500 contrats d’insertion signés en trois mois
ELLES devaient marquer un «tournant décisif» pour l’emploi; contre le chômage. Les assises de l’emploi (septembre dernier) ont abouti aux orientations «Initiatives emploi». Lentement, mais sûrement, le «virage» se dessine, du moins le plan d’action, lequel implique beaucoup d’intervenants (OFPPT, ANAPEC, CRI, Chambres de commerces, associations de microcrédit-Al Amana, Zakoura, Fondep-, FPME-PMI, ministères…).
Hier en Conseil de gouvernement, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mustapha Mansouri, a présenté les fameuses propositions axées sur l’emploi salarié, l’appui à la création de l’entreprise, l’employabilité des jeunes, et la gouvernance du marché de l’emploi (cf. L’Economiste du 10 mai 2006, www.leconomiste.com).
Objectif: création de quelque 300.000 emplois (auto ou salariat). Le programme Idmaje (insertion) accorde aux entreprises des facilités fiscales et sur les charges sociales et l’IGR à hauteur de 6.000 DH pour la première embauche: le contrat d’insertion a une durée de 24 mois, avec 12 mois supplémentaires si l’embauche est définitive: 105.000 postes d’emploi sont concernés. Entre janvier et fin avril, selon l’Agence de l’emploi, 5.500 contrats d’insertion ont été signés.
Début juin, indique le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, une journée sera organisée sur la mise en œuvre des orientations. La création de 30.000 TPE d’ici à 2008 (c’est-à-dire en moins de deux ans, avec un système de 60 guichets d’accompagnement) mobilise toutes les parties prenantes: c’est le programme Moukawalati (mon entreprise).
Les TPE devront générer près de 100.000 emplois. La création de 60 guichets d’ici à 2008 est lancée. Par exemple, l’association de microcrédit Al Amana se charge de 15 GACE (guichets d’aide à la création d’entreprises). Il est dans un premier temps prévu la création de 3 guichets dans les villes de Mohammédia, El Jadida et Tanger.
L’approche, de l’avis de quelques acteurs impliqués, est intéressante, mais il faudra capitaliser sur les erreurs de l’expérience «crédits jeunes promoteurs». Selon le président de la Fédération des PME-PMI, Hammad Kessal, «si la démarche est intéressante, entre la théorie et la pratique, nous avons toujours été surpris par l’écart». Donc, explique Kessal, il faut veiller à trois éléments fondamentaux: un accompagnement sur le terrain par des professionnels et qui soient dévoués. «Ceux qui connaissent la réalité de la création de l’emploi et de l’auto-emploi». Ensuite, l’implication de l’entreprise pour jouer un rôle de parrainage permettra d’ouvrir les portes aux marchés, conseiller et éviter les échecs. Et enfin, autre fondement: l’Administration. «Malheureusement, l’administration reste un obstacle très important. Elle n’a pas énormément évolué. Si les discours sont clairs, sur le terrain c’est autre chose».
Le programme de reconversion pour chômeurs prévoit une enveloppe de 500 millions de DH (selon l’Anapec-Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences). C’est le programme Taahil (mise à niveau).
L’entreprise identifie ses besoins, l’Agence de l’emploi contribue à la formation de personnes correspondant aux besoins. En échange, l’entreprise garantit l’embauche parmi les compétences formées. Les centres d’appels utilisent déjà ce mécanisme. La formation est inférieure ou égale à 600 heures. Enfin, un autre volet concerne l’amélioration de l’intermédiation de l’Agence de l’emploi. Mais, selon les experts (Banque mondiale etc.), il faudrait créer 4 millions d’emplois d’ici à 2015 pour maintenir le niveau de chômage actuel, soit près d’un million d’emplois en deux ans. Ces mesures ne peuvent évidemment pas se substituer au marché. Et d’un autre côté, la création d’emplois n’est pas linéairement corrélée à la croissance, du fait du problème général de la productivité dans le secteur privé.
L’Economiste 26/05/2006
