Horaire continu, deux ans après
27 Août 2007
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Objectif très moyennement atteint
• Fonctionnaires et usagers toujours pas convaincus
• Moins d’une administration sur quatre dispose d’une cantine
Comme ci, comme ça. C’est ainsi que va le premier pilier de la réforme de la fonction publique : l’instauration du fameux horaire continu. Un peu plus de deux ans après leur suppression, les deux heures de déjeuner semblent toujours manquer aux fonctionnaires. Dans un volumineux rapport publié récemment, le ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux.
Premier constat : plus du tiers des employés de la fonction publique jugent le système inadéquat. Et il faut bien les comprendre : sur les 81 sites administratifs enquêtés, 72,8% ne disposent d’aucune infrastructure pour la restauration. Résultat : de nombreux fonctionnaires rentrent toujours chez eux pour la pause déjeuner, mais ne disposent que d’une demi-heure. Sacrée gymnastique! Même son de cloche du côté des usagers : plus d’un sur trois demeure insatisfait de l’horaire continu. Si près de la moitié (44%) constatent une amélioration globale de la qualité du service public, plus du quart (27%) déplore une détérioration.
Trois raisons majeures sont invoquées : absence du personnel entre 12h et 14h, temps de service trop court à cause de la sortie à 16h30 et inadéquation avec leur propre horaire. Cette insatisfaction colle difficilement avec l’impact positif que l’horaire continu aurait eu, selon les fonctionnaires, sur l’organisation de leur travail. En effet, plus des trois quarts (78%) constatent une amélioration de leur rendement et de leur motivation. «On prévoit que cette proportion augmentera avec les années, car le phénomène de résistance au changement s’essoufflera», avance-t-on dans le rapport.
Chez les entreprises, le verdict est plus cinglant : 39,6% d’entre elles considèrent que le traitement des dossiers est plus lent depuis l’horaire continu! Près du tiers (31,8%) des sociétés interrogées se sont également plaintes du non-respect de la permanence et du manque de personnel entre 12h et 14h. Les avis demeurent donc extrêmement partagés, au sein même du personnel de la fonction publique. Par exemple, l’horaire continu aurait engendré une augmentation du temps de présence au travail pour la moitié des fonctionnaires seulement. L’autre 50% - étrangement - affirme n’avoir noté aucun changement à ce niveau.
Seulement trois employés sur cinq affirment disposer de plus de temps libre. Et alors que la réduction des dépenses quotidiennes était l’un des objectifs de la réforme, plus d’un fonctionnaire sur deux (54%) soutient qu’elles ont plutôt augmenté. Le tiers soutient n’avoir remarqué aucun changement. L’enquête illustre à quel point le personnel des administrations peut être partagé et indécis vis-à-vis de l’horaire continu. Pour plus des trois quarts, la demi-heure de pause déjeuner est nettement insuffisante. Mais lorsqu’on propose d’y ajouter trente minutes et de les récupérer en retardant la sortie: 86,2% sont contre!
À en croire l’enquête, ce qui conviendrait le mieux aux fonctionnaires (58%), c’est la mise en place d’un horaire flexible. L’inadéquation de leur horaire de travail avec celui des autres membres de leur famille est fortement déplorée. Accorder une marge temporelle au niveau de leurs entrées et de leurs sorties exigerait toutefois de sérieuses mesures de contrôle et de gestion. Aujourd’hui, si les pointeuses sont présentes dans la majorité des administrations, le traitement des données recueillies fait gravement défaut. «Il faudrait définir les dispositions réglementaires relatives aux sanctions à adopter en cas d’absentéisme ou de non-respect de la plage horaire», prévient le document. En attendant, les employés de la fonction publique ont développé des solutions. Fait étonnant: la plus populaire de ces solutions est de décaler le déjeuner jusqu’à la sortie du travail!
Enfin, l’enquête du ministère de la Modernisation soutient que les dépenses courantes des administrations ont diminué de 4,6%. «Et ce, malgré la hausse du coût de l’électricité, la climatisation et la mise à niveau de nombreux bâtiments», note l’étude. Des économies de 24,7% auraient été réalisées sur le carburant et l’entretien des véhicules. Le rapport propose de les redéployer sur un plan de financement de restauration collective pour fonctionnaires. La proportion de fonctionnaires qui adhèrent à la restauration collective est aujourd’hui de 46,6%. L’objectif est de la faire grimper à 80%, ce qui permettrait la création de 23.596 emplois. Mais attention, les fonctionnaires sont très clairs : 90% refuseraient de payer plus de 20 DH pour un repas au restaurant de leur administration.
Publié Le 16/08/2007
Leconomiste.com
• Fonctionnaires et usagers toujours pas convaincus
• Moins d’une administration sur quatre dispose d’une cantine
Comme ci, comme ça. C’est ainsi que va le premier pilier de la réforme de la fonction publique : l’instauration du fameux horaire continu. Un peu plus de deux ans après leur suppression, les deux heures de déjeuner semblent toujours manquer aux fonctionnaires. Dans un volumineux rapport publié récemment, le ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux.
Premier constat : plus du tiers des employés de la fonction publique jugent le système inadéquat. Et il faut bien les comprendre : sur les 81 sites administratifs enquêtés, 72,8% ne disposent d’aucune infrastructure pour la restauration. Résultat : de nombreux fonctionnaires rentrent toujours chez eux pour la pause déjeuner, mais ne disposent que d’une demi-heure. Sacrée gymnastique! Même son de cloche du côté des usagers : plus d’un sur trois demeure insatisfait de l’horaire continu. Si près de la moitié (44%) constatent une amélioration globale de la qualité du service public, plus du quart (27%) déplore une détérioration.
Trois raisons majeures sont invoquées : absence du personnel entre 12h et 14h, temps de service trop court à cause de la sortie à 16h30 et inadéquation avec leur propre horaire. Cette insatisfaction colle difficilement avec l’impact positif que l’horaire continu aurait eu, selon les fonctionnaires, sur l’organisation de leur travail. En effet, plus des trois quarts (78%) constatent une amélioration de leur rendement et de leur motivation. «On prévoit que cette proportion augmentera avec les années, car le phénomène de résistance au changement s’essoufflera», avance-t-on dans le rapport.
Chez les entreprises, le verdict est plus cinglant : 39,6% d’entre elles considèrent que le traitement des dossiers est plus lent depuis l’horaire continu! Près du tiers (31,8%) des sociétés interrogées se sont également plaintes du non-respect de la permanence et du manque de personnel entre 12h et 14h. Les avis demeurent donc extrêmement partagés, au sein même du personnel de la fonction publique. Par exemple, l’horaire continu aurait engendré une augmentation du temps de présence au travail pour la moitié des fonctionnaires seulement. L’autre 50% - étrangement - affirme n’avoir noté aucun changement à ce niveau.
Seulement trois employés sur cinq affirment disposer de plus de temps libre. Et alors que la réduction des dépenses quotidiennes était l’un des objectifs de la réforme, plus d’un fonctionnaire sur deux (54%) soutient qu’elles ont plutôt augmenté. Le tiers soutient n’avoir remarqué aucun changement. L’enquête illustre à quel point le personnel des administrations peut être partagé et indécis vis-à-vis de l’horaire continu. Pour plus des trois quarts, la demi-heure de pause déjeuner est nettement insuffisante. Mais lorsqu’on propose d’y ajouter trente minutes et de les récupérer en retardant la sortie: 86,2% sont contre!
À en croire l’enquête, ce qui conviendrait le mieux aux fonctionnaires (58%), c’est la mise en place d’un horaire flexible. L’inadéquation de leur horaire de travail avec celui des autres membres de leur famille est fortement déplorée. Accorder une marge temporelle au niveau de leurs entrées et de leurs sorties exigerait toutefois de sérieuses mesures de contrôle et de gestion. Aujourd’hui, si les pointeuses sont présentes dans la majorité des administrations, le traitement des données recueillies fait gravement défaut. «Il faudrait définir les dispositions réglementaires relatives aux sanctions à adopter en cas d’absentéisme ou de non-respect de la plage horaire», prévient le document. En attendant, les employés de la fonction publique ont développé des solutions. Fait étonnant: la plus populaire de ces solutions est de décaler le déjeuner jusqu’à la sortie du travail!
Enfin, l’enquête du ministère de la Modernisation soutient que les dépenses courantes des administrations ont diminué de 4,6%. «Et ce, malgré la hausse du coût de l’électricité, la climatisation et la mise à niveau de nombreux bâtiments», note l’étude. Des économies de 24,7% auraient été réalisées sur le carburant et l’entretien des véhicules. Le rapport propose de les redéployer sur un plan de financement de restauration collective pour fonctionnaires. La proportion de fonctionnaires qui adhèrent à la restauration collective est aujourd’hui de 46,6%. L’objectif est de la faire grimper à 80%, ce qui permettrait la création de 23.596 emplois. Mais attention, les fonctionnaires sont très clairs : 90% refuseraient de payer plus de 20 DH pour un repas au restaurant de leur administration.
Publié Le 16/08/2007
Leconomiste.com
