Face à l’assèchement des crédits, les patrons misent sur l’autofinancement.
26 Avril 2012
Lu par 1330 personne(s)
L’accès des entreprises au financement bancaire devient moins aisé depuis quelque temps. Insuffisance des liquidités chez les banques et réticence de celles-ci à financer certaines activités économiques expliquent l’assèchement des crédits.
L’accès au financement bancaire a été jugé globalement difficile au cours du premier trimestre 2012 par les industriels sondés dans le cadre d’une enquête réalisée par Bank Al-Maghrib (BAM). Et quand bien même les entreprises auraient accès au financement bancaire, c’est souvent au prix fort, à en croire les dirigeants d’entreprises approchés, qui estiment, par ailleurs, qu’au cours de la période considérée, le coût du crédit a marqué une hausse dans l’ensemble des branches, et plus particulièrement dans les industries chimiques et parachimique. Cet état de fait s’est répercuté sur la structure du financement des investissements envisagés à court terme. En effet, selon l’enquête réalisée par la Banque centrale, le crédit bancaire n’assure plus que 33% de ces investissements, au moment où l’autofinancement vient en première place avec 59% des montants investis, le reste étant financé par le crédit-bail (à hauteur de 6%) et à travers les augmentations de capital (environ 1%).
Ces difficultés d’accès au financement ne semblent toutefois pas affecter d’une manière significative l’effort d’investissement chez les industriels. En effet, d’après BAM, les dépenses d’investissement réalisées au cours des trois premiers mois de 2012 se sont accrues d’un trimestre à l’autre avec, toutefois, une stagnation dans les industries chimiques et parachimiques. Cet effort devrait même gagner en rythme à très court terme puisque les industriels anticipent globalement un maintien de la progression des investissements. En revanche, il faut préciser que les trésoreries des entreprises ont été affectées. En effet, leur situation comptable au cours du premier trimestre 2012 est jugée en dessous de la normale pour environ 45% des dirigeants sondés, contre 54% de patrons qui la trouvent normale et 1% supérieure à la normale, soit un solde d’opinion négatif de 44%. Cette situation a concerné l’ensemble des branches, avec un effet encore une fois plus marqué dans les industries chimiques et parachimiques.
Difficultés de recouvrement
La dégradation de la situation de trésorerie des entreprises est due en général aux difficultés de recouvrement et aux charges non financières. Sur le plan sectoriel, les difficultés de recouvrement ont grevé la trésorerie des industries chimiques et parachimiques et les industries mécaniques et métallurgiques, au moment où les charges non financières constituent le principal facteur impactant négativement la trésorerie des entreprises dans les autres branches de l’industrie.
Il faut souligner aussi que ce ne sont pas là les seuls soucis qui tourmentent les chefs d’entreprise. En effet, ces derniers se préoccupent aussi de la hausse du coût unitaire de production, qui s’est accru au cours du premier trimestre 2012.
Si cet accroissement a concerné l’ensemble des branches, il a plus particulièrement affecté les industries électriques et électroniques ainsi que les industries chimiques et parachimiques. Cette hausse des coûts unitaires de production s’explique en premier lieu par le renchérissement des matières premières non énergétiques et les coûts salariaux. À noter enfin que par secteur d’activité, les coûts financiers ont tiré vers le haut ce renchérissement dans les industries mécaniques et métallurgiques et dans les industries du textile et du cuir, alors que les coûts des matières premières non énergétiques expliquent la hausse des coûts dans les autres branches de l’économie. Lahcen Oudoud.
Climat des affaires : globalement bon
Le climat général des affaires au Maroc est jugé globalement bon, selon l’enquête de Bank Al-Maghrib. Ce constat est d’ailleurs partagé par les opérateurs de l’ensemble des branches de l’économie, même si c’est à des degrés différenciés. Pour le deuxième trimestre de 2012, les industriels anticipent un climat favorable des affaires, principalement dans les industries mécaniques et métallurgiques ainsi que dans les industries agroalimentaires, avec des soldes respectifs de 51% et 48%. S’agissant du climat social, il est jugé plutôt calme au titre du premier trimestre de cette année, par 96% des entreprises sondées par la Banque centrale.
Repères
`32; 88% des entreprises considèrent que l’approvisionnement était normal durant le premier trimestre 2012, 6% l’ont jugé facile et 6% déclarent avoir eu des difficultés à s’approvisionner.
`32; Les stocks détenus par les entreprises sont globalement estimés à un niveau normal. Ce niveau est encore plus élevé dans les industries chimiques et parachimiques, mais moins élevé dans les autres branches.
`32; L’effectif global employé a baissé pour le troisième trimestre consécutif (entre début juillet 2011 et fin mars 2012), avec toutefois une stagnation dans les industries agroalimentaires, chimiques et parachimiques.
Lahcen Oudoud.
Lematin.ma
Publié le 22 avril 2012.
Mis en ligne le 26 avril 2012.
L’accès au financement bancaire a été jugé globalement difficile au cours du premier trimestre 2012 par les industriels sondés dans le cadre d’une enquête réalisée par Bank Al-Maghrib (BAM). Et quand bien même les entreprises auraient accès au financement bancaire, c’est souvent au prix fort, à en croire les dirigeants d’entreprises approchés, qui estiment, par ailleurs, qu’au cours de la période considérée, le coût du crédit a marqué une hausse dans l’ensemble des branches, et plus particulièrement dans les industries chimiques et parachimique. Cet état de fait s’est répercuté sur la structure du financement des investissements envisagés à court terme. En effet, selon l’enquête réalisée par la Banque centrale, le crédit bancaire n’assure plus que 33% de ces investissements, au moment où l’autofinancement vient en première place avec 59% des montants investis, le reste étant financé par le crédit-bail (à hauteur de 6%) et à travers les augmentations de capital (environ 1%).
Ces difficultés d’accès au financement ne semblent toutefois pas affecter d’une manière significative l’effort d’investissement chez les industriels. En effet, d’après BAM, les dépenses d’investissement réalisées au cours des trois premiers mois de 2012 se sont accrues d’un trimestre à l’autre avec, toutefois, une stagnation dans les industries chimiques et parachimiques. Cet effort devrait même gagner en rythme à très court terme puisque les industriels anticipent globalement un maintien de la progression des investissements. En revanche, il faut préciser que les trésoreries des entreprises ont été affectées. En effet, leur situation comptable au cours du premier trimestre 2012 est jugée en dessous de la normale pour environ 45% des dirigeants sondés, contre 54% de patrons qui la trouvent normale et 1% supérieure à la normale, soit un solde d’opinion négatif de 44%. Cette situation a concerné l’ensemble des branches, avec un effet encore une fois plus marqué dans les industries chimiques et parachimiques.
Difficultés de recouvrement
La dégradation de la situation de trésorerie des entreprises est due en général aux difficultés de recouvrement et aux charges non financières. Sur le plan sectoriel, les difficultés de recouvrement ont grevé la trésorerie des industries chimiques et parachimiques et les industries mécaniques et métallurgiques, au moment où les charges non financières constituent le principal facteur impactant négativement la trésorerie des entreprises dans les autres branches de l’industrie.
Il faut souligner aussi que ce ne sont pas là les seuls soucis qui tourmentent les chefs d’entreprise. En effet, ces derniers se préoccupent aussi de la hausse du coût unitaire de production, qui s’est accru au cours du premier trimestre 2012.
Si cet accroissement a concerné l’ensemble des branches, il a plus particulièrement affecté les industries électriques et électroniques ainsi que les industries chimiques et parachimiques. Cette hausse des coûts unitaires de production s’explique en premier lieu par le renchérissement des matières premières non énergétiques et les coûts salariaux. À noter enfin que par secteur d’activité, les coûts financiers ont tiré vers le haut ce renchérissement dans les industries mécaniques et métallurgiques et dans les industries du textile et du cuir, alors que les coûts des matières premières non énergétiques expliquent la hausse des coûts dans les autres branches de l’économie. Lahcen Oudoud.
Climat des affaires : globalement bon
Le climat général des affaires au Maroc est jugé globalement bon, selon l’enquête de Bank Al-Maghrib. Ce constat est d’ailleurs partagé par les opérateurs de l’ensemble des branches de l’économie, même si c’est à des degrés différenciés. Pour le deuxième trimestre de 2012, les industriels anticipent un climat favorable des affaires, principalement dans les industries mécaniques et métallurgiques ainsi que dans les industries agroalimentaires, avec des soldes respectifs de 51% et 48%. S’agissant du climat social, il est jugé plutôt calme au titre du premier trimestre de cette année, par 96% des entreprises sondées par la Banque centrale.
Repères
`32; 88% des entreprises considèrent que l’approvisionnement était normal durant le premier trimestre 2012, 6% l’ont jugé facile et 6% déclarent avoir eu des difficultés à s’approvisionner.
`32; Les stocks détenus par les entreprises sont globalement estimés à un niveau normal. Ce niveau est encore plus élevé dans les industries chimiques et parachimiques, mais moins élevé dans les autres branches.
`32; L’effectif global employé a baissé pour le troisième trimestre consécutif (entre début juillet 2011 et fin mars 2012), avec toutefois une stagnation dans les industries agroalimentaires, chimiques et parachimiques.
Lahcen Oudoud.
Lematin.ma
Publié le 22 avril 2012.
Mis en ligne le 26 avril 2012.
