Equipement automobile : Grandes opportunités, timidité des opérateurs nationaux

L’une des branches majeures de l’industrie automobile est bien le secteur de l’équipement. Au Maroc, aussi bien l’Etat que les capitaines d’industrie s’y sont intéressés dès le début des années 60.
Le secteur compte une soixantaine d’opérateurs qui emploient plus de 30 000 personnes. 6% dépassent les 500 millions de dirhams. Environ 60% des entreprises du secteur réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions de dirhams. 75% des équipements implantés au Maroc, soit un nombre de 45, emploient mois de 250 personnes, 10% d’entre eux un effectif supérieur à 1000, dont 6 emploient plus de 2 500 personnes.

Trois types d’entreprises peuvent être identifiées dans ce contexte :

- Des équipementiers tournés principalement vers les marchés européens. Ce sont généralement des industriels de premier rang ou des sociétés liées, dans leurs capitaux, à ces derniers qui se délocalisent ( le câblage illustre bien cette industrie) ;
- Le secteur des sociétés de taille moyenne mais techniquement développées. Elles sont orientées vers le marché local 1ère monte ou rechange, sur le marché international et notamment de la sous-traitance pour équipementiers de rangs supérieurs.
Ces entreprises, soucieuses de consolider leurs positions, aspirent à des relations de partenariat pour se développer dans des niches de marchés européens. Les produits concernés : freinage, filtration, sièges, radiateurs, silencieux, verre, pièces en plastique, caoutchouc… ;
- Les entreprises de taille modeste avec un outil parfois suranné, ne répondant pas systématiquement aux standards internationaux d’excellence.

Pour Mekki Ziadi, DG d’Ifriquia Plastic, « malgré l’expansion récente de l’activité, le secteur reste timide quant à la conquête des marchés européens. Mais aussi ceux des pays voisins qui se tournent par exemple vers la Roumanie au lieu de s’adresser au Maroc qui présente des atouts de proximité et de qualité. »

Depuis 1998, plusieurs équipementiers européens ont délocalisé leurs activités au Maroc et ce, pour des raisons essentielles : Une expérience industrielle de plus de quarante ans dans le secteur. La proximité géographique qui permet des frais de transport réduits et des délais de livraison au delà de toute concurrence. La disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée et moins exigeante qu’en Europe. La volonté des opérateurs du secteur de se doter des certifications ISO à même de les introduire dans les marchés européens.

A ce propos , M. Ziadi affirme que « le fait qu’une firme automobile espagnole invite les équipementiers marocains pour préparer de nouveaux partenariats par la mise à niveau et la certification. L’audit technique prouve que le secteur au Maroc présente des atouts qui font que les fabricants d’automobiles font confiance aux opérateurs marocains. Cependant il faut dire que, dans le domaine de l’équipement technique, beaucoup d’efforts restent à faire pour la mise à niveau qui permettra l’accès au marché européen ».

A titre d’exemple, le secteur câblier en Europe a connu une délocalisation importante vers le Maroc et la Tunisie qui, selon notre interlocuteur, « est plus agressive quant à la conquête de nouveau marché par rapport aux opérateurs marocains qui gagneraient à surmonter leur timidité vis-à-vis des constructeurs européens voire japonais et américains compte tenu des nombreux accords de partenariat et de libre-échange que le Maroc a conclus dernièrement ».

En effet, le secteur d’équipement automobile recèle un large panel de produits à caractère technique accessibles aux opérateurs nationaux à condition d’assurer une mise à niveau de leurs infrastructures de production ainsi qu’une stratégie de formation de pointe afin d’intégrer le Maroc dans les programmes de délocalisation des donneurs d’ordre du secteur automobile européen.

Le Matin
12 Mai 2006