Droit du Travail , Durcir ou alléger?

La mondialisation est passée par là

DANS ses aspects les plus visibles, notamment le déplacement des activités à faible valeur ajoutée dans les pays «low-cost» et d’une partie du processus de production industrielle, la globalisation fait peur aux opinions publiques qui ne voient souvent que les pertes d’emplois et moins les gains économiques qu’en tirent les grands groupes.

Les pressions en faveur du changement de l’organisation et la rémunération du travail provoquent des débats sur le champ d’application et le contenu de la législation sociale. D’un côté, du fait d’une incertitude accrue, les revendications en faveur d’une meilleure protection émanant des syndicats et des salariés se font plus pressantes, de l’autre, les effets de la compétition internationale atteignent de plein fouet les entreprises, quel que soit le secteur d’activité.
Le droit du travail évolue donc en conséquence plus ou moins régulièrement. Entre cinq ans, de 2000 à 2005, les experts du Bureau international du travail (BIT) ont accompagné des réformes dans une cinquantaine de pays.

Les enjeux de la réforme du droit du travail sont divers, et la bataille entre les tenants d’une plus grande flexibilité et ceux qui demandent plus de verrous réglementaires fait rage.
Deux tendances semblent émerger selon les experts du BIT: la première touche des dispositions législatives qui donnent plus de droits comme la lutte contre la discrimination à l’embauche, l’exploitation des enfants. La deuxième grosse tendance est observée dans les Etats qui ont choisi d’assouplir leur cadre réglementaire et législatif de manière à réduire les coûts de recrutement et de licenciement pour les employeurs et dans certains cas, introduire de nouvelles modalités de travail. Il est avéré qu’une législation trop rigide est un frein à l’embauche.

L’OCDE, un des temples du libéralisme mondial recommande d’ailleurs à tous ses membres d’assouplir leur droit du travail. C’est l’un des moyens le plus efficace de lutter contre le chômage massif des jeunes.
L’Irlande qui a près du plein-emploi, et les pays scandinaves sont cités comme des études de cas.

L’Economiste