Démasquez les manipulateurs en entreprise
Qu’elles agissent en vue de vous nuire ou de vous séduire, ces personnalités se révèlent toxiques. Vous ne voulez plus en être victime? Voici comment les repérer et les contrer.
Personne n’est à l’abri d’une manipulation. Flore Ozanne, chasseuse de têtes pourtant aguerrie, a failli en faire les frais. Séduite par la personnalité et le parcours d’un candidat, elle le présente à son client. Il fait l’unanimité chez le futur employeur, avant d’être démasqué : "En vérifiant ses références, nous nous sommes aperçus qu’il était au chômage depuis plus d’un an. Il s’était inventé des expériences sur lesquelles il fournissait des détails précis et avait même eu l’habileté d’avouer certains échecs. Son discours et sa posture étaient parfaitement maîtrisés."
Ce type de profil n’est pas exceptionnel, surtout en entreprise. Il relève de la catégorie des manipulateurs égocentriques, qui agissent exclusivement dans leur propre intérêt. Il existe des cas plus rares, mais plus dangereux, comme celui du manipulateur malveillant, virtuose du harcèlement. "Son intention est de nuire, voire de détruire. Il assouvit un besoin de domination", décrit la psychothérapeute Christel Petitcollin, auteur de l’ouvrage "Echapper aux manipulateurs" (Guy Trédaniel Editeur). Pour se prémunir contre ces empoisonneurs, un seul remède : apprendre à les détecter et à repérer leur mode opératoire. Et, surtout, s’efforcer de réagir pour ne pas en devenir la cible.
Avez-vous le profil d’une victime?
Pas de manipulateur sans "punching ball". Le souffre-douleur, contrairement à une idée reçue, n’est pas forcément un individu fragile ou faible. C’est plutôt quelqu’un de dynamique, bienveillant, apprécié des autres et peu méfiant de nature, mais dont la personnalité présente certaines failles (manque de confiance en soi, peur d’être rejeté et de décevoir, tendance au perfectionnisme). Le manipulateur a tôt fait de détecter ces faiblesses et s’appuie sur elles pour asseoir son emprise. Une situation qu’a vécue Philippe, 42 ans, manager dans une agence immobilière. "Mon responsable savait que je n’avais pas le bac. Il a compris que, de ce fait, je manquais d’assurance. Lorsqu’il m’a proposé de monter en grade, je me suis senti éperdu de reconnaissance à son égard. Il en a profité pour me surcharger de travail!"
Le manipulateur sait en effet repérer certains signes, en apparence anodins, qui trahissent le manque de confiance en soi. "Il est attentif à la position du visage, au port du menton, baissé ou conquérant. Il enregistre très vite que son interlocuteur a le regard fuyant, qu’il ne finit pas ses phrases, qu’il n’ose pas exprimer ses opinions, qu’il a tendance à s’excuser trois fois lorsqu’il arrive avec cinq minutes de retard, autrement dit qu’il culpabilise pour un rien", décrypte la thérapeute Isabelle Nazare-Aga.
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Mis en ligne le 8 mars 2011
