« Cost-killer », un métier à part entière !

Comment redonner le sourire à un dirigeant d’entreprise en ces temps de crise ? Lui annoncer qu’il peut trouver des fournisseurs encore moins chers pour ses produits ! Ces apporteurs de bonnes nouvelles, on les nomme les cost-killers. Comme le nom l’indique bien, un cost-killer est littéralement un tueur de coût, une personne appelée au sein d’une entreprise pour réduire tous les coûts possibles, du matériel aux hommes, tout y passe ; une sorte de traqueur des dépenses inutiles.

Un cost-killer c’est tout simplement un mélange entre un contrôleur de gestion chargé de faire des suivis classiques d’indicateurs financiers et donc stratégiques de l’entreprise et un responsable des achats, dont le rôle est de passer des commandes et de mettre à disposition des clients internes les produits demandés. La fonction d’un cost-killer est donc de vérifier et de rationaliser l’ensemble des achats non stratégiques afin d’en dégager des économies : papeterie, mobilier de bureau, factures de téléphone et d’électricité, et même les déplacements professionnels parfois ! Quand il s’agit de la chasse aux gaspillages, les cost-killers sont les personnes adéquates pour remettre les pendules à l’heure et traquer toutes les dépenses superflues.

La fonction de cost-killer est apparue comme un métier à part entière car face à une concurrence intensifiée sur le marché local et international, les entreprises sont constamment à la recherche d’efficience ; et la première source de profits réside essentiellement dans la maîtrise et la réduction des coûts, le cœur de métier même de ce profil !

Parce que le travail d’une personne en charge de réduire les frais généraux au sein d’une entreprise est très mal perçu par les collaborateurs en interne, des cabinets spécialisés dans ce domaine ont vu le jour. En effet, qui parle de réduction de coûts, essentiellement de frais généraux, parle d’épluchement de facture et par la suite de perturbation de certaines habitudes (coups de téléphone personnels, …). Il est donc plus simple pour une direction de déléguer ce travail à un cabinet externe que de le confier à une personne de l’entreprise.

En France, il existe de nombreux cabinets de consultants, experts en optimisation et réduction des frais généraux. Certains en ont fait leur cœur de métier, d'autres travaillent en parallèle sur la réduction d'autres charges, notamment sociales et fiscales. La plupart des gens de ce métier n'aiment pas se faire appeler cost-killer car le terme a une connotation négative, ils préfèrent plutôt « cost control », un mélange entre cost-killer et contrôleur de gestion puisque le métier en lui-même relève de l’ajustement budgétaire. Leur rôle dans les entreprises est de rechercher des sources éventuelles d’économies et de maximiser ainsi les gains.

La plupart des cost-killers se rémunèrent entièrement sur une part des économies qu'ils auront réussi à vous faire gagner. Une proposition "gagnant-gagnant" qui leur sert de puissant levier commercial. Enfin, comme tout consultant, les cost-killers vont apporter à l’entreprise une expérience nouvelle, un réseau de fournisseurs et de nouveaux outils …

Mais, malheureusement, le cost-killing ne fait pas que tuer les coûts dans une entreprise, il peut également tuer la motivation des salariés. Dans les entreprises, une compensation est souvent établie entre les salariés et la direction : le salarié passe des appels téléphoniques personnels, pendant ses horaires de travail ; il utilise la photocopie à titre personnel ; mais, à son tour, il sait renvoyer l’ascenseur en ne manquant pas une occasion de promouvoir son entreprise même dans ses rencontres extra-professionnelles…

Dans les entités marocaines, comme partout dans le monde, cette fonction existe bien évidemment mais le terme de cost-killer n’est pas encore très répandu.

Mis en ligne le 30 Décembre 2008

Mariam Amri 
Responsable Pôle Communication-ReKrute