Comment ils voient 2007

30 patrons interrogés. Ils sont confiants et pensent que 2007 s’annonce sous de bons auspices.
Si les pluies sont au rendez-vous, l’année à venir pourrait même être meilleure que 2006. Moulay Hafid Elalamy : «L’attentisme n’est plus de mise».
Larabi Jaïdi : «Gare à l’optimisme béat». Cahier détachable


Ils sont optimistes et n’hésitent pas à le dire haut et fort

- Presque tous les secteurs anticipent une forte croissance de leur activité en 2007.
- Les patrons mettent en exergue la dépendance moins marquée vis-à-vis du climat.
- Les hommes d'affaires considèrent que les élections n'auront pas d'impact négatif sur le climat des affaires.

Non, nous ne rêvons pas ! L'état d'esprit des opérateurs économiques tranche complètement avec la mine défaitiste qu'ils affichaient au début du millénaire, dès qu'on leur demandait d'analyser la conjoncture. Ils ne scrutent plus le ciel pour s'assurer de l'évolution de la demande, tapent moins sur l'administration et semblent oublier les difficultés de financement. Tout laisse croire qu'ils refusent la fatalité et se prennent désormais en main. C'est du moins ce qui se dégage du tour d'horizon réalisé par la rédaction de La Vie éco sur leurs prévisions pour l'année à venir. La quarantaine de chefs d'entreprises interrogés annoncent presque tous que l'exercice qui débute sera du même moule que celui qui s'achève. Des BTP à l'agroalimentaire, en passant par le textile, l'automobile et le tourisme, la situation est au beau fixe. Plusieurs secteurs anticipent une croissance à deux chiffres de leur activité. Au pire, elle ne descendrait pas en dessous de 5 %.

Les grands projets installent la confiance
A l'origine, il faut bien sûr citer le ferment que constituent les gros projets d'infrastructure, les investissements touristiques et dans l'immobilier à usage d'habitation, ainsi que la découverte, par certains exportateurs, que les accords de libre-échange peuvent certes constituer une menace -volet sur lequel on s'est longtemps focalisé- mais peuvent tout aussi bien ouvrir des opportunités sur les marchés étrangers. Comme en économie, le cercle vertueux s'auto-entretient grâce à la confiance, la situation est partie pour durer. Cela est d'autant plus probable que l'essentiel de notre panel considère les élections, ou du moins leur issue, comme un facteur neutre. Les opérateurs estiment que quel que soit le profil du gouvernement qui en naîtra, les grandes orientations économiques ne seront pas remises en question. C'est déjà un acquis considérable quand on sait que les investisseurs ne jurent que par la stabilité.

Mais de là à céder à un optimisme béat, il y a un pas à ne pas franchir. Les réformes structurelles doivent être poursuivies de sorte à ce que l'économie soit encore moins dépendante de l'agriculture et pour favoriser une croissance forte permettant de réduire considérablement le déficit social qui reste une grosse épine au pied du Maroc.

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