Avocat : Questions autour d’un «ticket» d’entrée

• Pour être inscrit au barreau, les stagiaires s’acquittent d’un forfait

• De 35.000 à 40.000 dirhams dans les grandes villes

• Beaucoup de stagiaires disent ne pas percevoir la contre-partie


Devenir avocat c’est un rêve pour bien des jeunes lauréats des facultés de droit. Pour d’autres c’est une issue de secours contre le chômage. Mais pour avoir le titre de Maître, il faut d’abord passer à la caisse pour le paiement d’un droit d’entrée. C’est ici que le processus se bloque. «Faute de moyens, ce n’est guère facile. C’est un bâton qu’on met dans les roues des stagiaires», tempête un avocat stagiaire qui parle d’obstruction. «Personne ne peut nier que cette cotisation représente une barrière à l’entrée dans la profession », ajoute-t-il. Beaucoup des cas brillants ont dû abandonner faute de pouvoir mobiliser cette somme, reconnaît maître Jalal Taher, secrétaire général de l’Ordre des avocats de Casablanca. Dans le détail, ce droit d’entrée est composé de frais d’enregistrement à la liste des stagiaires (35.000 dirhams), de frais de dossier (500 dirhams) et l’assurance coûte 7.589 dirhams. Soit au total de 43.089 dirhams, pour le barreau de Casablanca. Ce montant n’est pas standard, il diffère selon les régions. «Personne ne conteste cette obligation, puisqu’elle nous procure des droits et avantages qui n’existent pas pour les stagiaires des autres professions. Mais, ça aurait été plus approprié pour les petites bourses de s’en acquitter avec des facilités de règlements», souligne un stagiaire.

Cette condition sine qua non crée chez certains le sentiment que la profession est réservée aux riches. «Ceci existe bien chez certaines personnes, mais il n’en reste pas moins que les cas présentant une précarité financière vérifiée, peuvent avoir des facilités de paiement. Les personnes les plus démunies peuvent s’acquitter seulement d’un tiers, de la cotisation, comme elles peuvent être exemptées du 1/3 et dans certains cas de la totalité», révèle le secrétaire général.
Cette cotisation est perçue comme étant une obligation pour adhérer à la profession et accéder à certains avantages et protections. Quels avantages? Contestent plusieurs aspirants qui tous s’expriment dans l’anonymat par peur de représailles.
Quand un jeune avocat prête serment, cela engendre des engagements pour l’Ordre. L’entrée dans le «club » implique des charges. Ainsi, il faut lui assurer un encadrement, des séminaires, des formations périodiquement afin de suivre les évolutions juridiques. « Nous invitons des juges, des universitaires, des opérateurs économiques, ou nos confrères étrangers pour faire profiter de leur expérience et les stagiaires et les avocats», détaille Jalal.

Ceci engendre des frais auxquels il faut ajouter ceux relatifs au fonctionnement administratif de l’instance ordinale (employés, papiers, téléphone…). Pour mettre au bain les nouvelles robes noires, de l’évolution de la jurisprudence aussi nationale qu’internationale, des revues périodiques sont éditées et distribuées gratuitement. «Il y a aussi le club des avocats dont on paie toujours les traites à la CDG», ajoute le secrétaire général.
Contrairement à d’autres professions, les avocats stagiaires bénéficient d’une assurance couvrant les trois années de stage. « Elle est de l’ordre de 7.589 DH que les nouveaux venus doivent acquitter. Elle englobe l’assurance-vie ainsi que l’assurance-maladie», affirme Jalal.

Publié le 16 Octobre 2007

Leconomiste.com