A l’étranger, on apprend à mieux se connaître
16 Avril 2007
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L’expatrié doit faire attention à ne pas imposer, sans recul, sa méthode
L’effort de compréhension doit être rapide quand on intègre une structure qui a une culture différente, car on ne peut freiner les collègues.
Amine jamaï DG de Valoris Conseil
«Cette expérience vous accule à être plus humble face à un monde dont on ne représentera jamais le «centre», comme on veut bien le croire quand on reste tranquillement chez soi.»
Actuellement DG de Valoris Conseil, Amine Jamaï a fait une bonne partie de sa carrière dans les multinationales, d’abord à Exxon Mobil, ensuite chez Maphar. Chez la première il a eu à diriger la filiale gabonaise. Une expérience riche aussi bien sur le plan humain que professionnel. Il raconte.
1. La Vie éco : Quel a été votre parcours en tant que cadre expatrié ?
Amine Jamaï : Avant de consacrer ma vie professionnelle au conseil, j’ai eu la chance, entre autres missions, de m’expatrier au Gabon pour administrer la filiale pétrolière d’Exxon Mobil.
2. Comment qualifiez-vous votre expérience ?
Riche et pleine d’enseignements : la vérité est toujours ailleurs ! Et nous ne sommes jamais détenteurs des solutions les plus adéquates. Cette expérience vous accule à être plus humble face à un monde dont on ne représentera jamais le «centre», comme on veut bien le croire quand on reste tranquillement chez soi.
3. Quels sont les bénéfices que vous en avez tirés ?
D’un point de vue humain, j'ai appris à prendre du recul par rapport aux jugements hâtifs et stéréotypés fondés sur notre culture d’immigrant... Il faut comprendre très vite que l’effort d’adaptation à fournir doit venir de soi, car on devient soi-même la «curiosité venue d’ailleurs».
D’un point de vue professionnel, l’effort de compréhension doit être beaucoup plus rapide quand on intègre une structure qui a développé une histoire et une culture différente, avec des ressorts que l’on ne maîtrise pas, et l’on n’a pas le droit de freiner les collaborateurs de l’entreprise dans leur vitesse de croisière, pour prendre le temps qu’ils vous expliquent les comment et les pourquoi... Sauf quand on est convaincu, en tant qu’œil neuf, que l’on peut améliorer l’organisation de leur travail, en ayant pris le soin d’évaluer les conséquences d’un changement à imposer...
Et c’est cette attitude qui m’a permis de développer une écoute plus attentive, excluant les prises de position fondées sur des schémas de fonctionnement «théoriques». C’est d’ailleurs cet apprentissage qui me permet de mieux appréhender mes missions dans la sphère du conseil.
Avez-vous connu des échecs en matière d’expatriation ?
Je pars du principe qu’en s’expatriant l’on apprend à mieux se connaître soi-même... Au-delà de la découverte de nouvelles façons de faire et de vivre, c’est ses capacités et ses faiblesses que l’on découvre le mieux... Rapporté à votre propre évolution, il n’y a jamais d’échec possible, sauf si vous n’acceptez pas de vous ouvrir aux autres, et que vous vous enfermez dans la bulle culturelle que vous avez importée.
Publié le 06/04/2007
Lavieeco.com
