2007, des Femmes satisfaites de leur sort
13 Mars 2007
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Ipsos Marketing, en partenariat avec l'agence Australie, a réalisé une étude approfondie sur la population des femmes-cadres. Basée sur deux réunions de groupes et une vingtaine d'entretiens, mais également sur de nombreuses données quantitatives extraites d'enquêtes Ipsos, l'étude révèle les contours et les caractéristiques d'une cible marketing devenue incontournable. Leur nombre et leur histoire en fait une population véritablement homogène, une cible, et la première génération de femmes satisfaites de leur sort en tant que femmes actives.
La fracture générationnelle
Entre les générations de cadres nées après le baby boom, âgées aujourd'hui de plus de 45 ans et les jeunes, il existe plus qu'une différence d'âge, une véritable fracture.
Les plus âgées, moins nombreuses, sont des défricheuses isolées, qui constituaient encore un alibi ou une exception dans le monde du travail. Leur compétence toujours mise en doute exigeait ténacité et implication totale. Leur vie a davantage été subie que choisie. Elles évoquent souvent les sacrifices consentis.
Pour les plus jeunes, plus nombreuses, leur compétence n'est pas mise ne doute. Leur niveau de diplômes parle déjà pour elles. Leur statut, affirmé et reconnu, leur épargne des discussions mangeuses d'énergie avec leur compagnon sur " qui fait quoi ". L'esprit libre, apaisées, elles se consacrent totalement à toutes les séquences de leur vie. Réalistes, elles ne se bercent pas d'utopies, et ont le sentiment que, le plus gros étant fait, il ne leur reste que des détails à régler.
Leur nombre et leur histoire en font une population véritablement homogène, une cible, et la première génération de femmes satisfaites de leur sort en tant que femmes actives .
Vu de loin
La vie est dense, comme pour toutes les femmes, et comme pour tous les cadres. Par ailleurs, on en demande plus aux femmes, D'abord d'être compétente. Et en plus, il vaut souvent mieux qu'elles soient agréables à regarder.
A cela s'ajoute le fameux phénomène du plafond de verre, décrit par les américains : aussi haut qu'elles parviennent dans la hiérarchie, elles n'atteignent pas les postes de pouvoir, se heurtant à cet obstacle dissimulé. Subsiste dans le monde du travail une entrave à la progression des femmes qui jusqu'ici, leur interdit la plupart des fonctions les plus élevées dans les secteurs public comme privé.
Vu de près
Certes, à poste égal, salaire inférieur (-20% que les hommes en moyenne), et à talent égal, voire supérieur, statut inégal. Ceci étant, les femmes cadres se déclarent tout aussi satisfaites de leur situation professionnelle que les hommes (87 et 86 %, enquête Cadroscope 2000), et vivent leur quotidien, d'autant plus chargé qu'elles ont des enfants, dans un sentiment de jubilation.
Pourquoi ?
Leur statut et leur expertise font désormais autorité, elles l'ont prouvé dans la durée. Elles se sentent reconnues et valorisées par leur entourage. Et le rapport à la dépense a matérialisé leur évolution : de salaire d'appoint, qui devait traditionnellement rester inférieur à celui du mari, avec une forte culpabilisation à la dépense " somptuaire " ou trop personnelle, le salaire est désormais totalement légitime, et la dépense, même futile, n'est jamais justifiée.
Quant au plafond de verre, et c'est une des surprises révélées par l'étude, même si elle ne plaira pas aux féministes : il est implicitement accepté, voire même installé par les femmes. D'abord, elles se comparent aux autres femmes, leurs mères, celles qui sont autour d'elles et n'ont ni leur aisance, ni leurs perspectives. Ensuite, elles n'expriment jamais leur réussite en termes de carrière, et se refusent à établir des priorités dans tout ce qui compose leur vie. Enfin, et surtout, elles n'ont pas envie du pouvoir tel qu'il s'incarne traditionnellement, dans des personnages dont la vie n'est pas enviée, a fortiori lorsqu'il s'agit des très rares femmes aux postes de pouvoir, toujours suspectes d'avoir sacrifié leur vie de femme à leur carrière.
Le pouvoir d’influence
Si, malgré les contraintes de leur vie, et des perspectives toujours réduites, les cadres femmes sont si satisfaites de leur sort, c'est aussi, et surtout, qu'elles disposent d'un énorme pouvoir d'influence, qu'elles utilisent tous azimuts :
Si elles ne sont pas " chef " dans l'entreprise, elles le sont à part entière dans la famille. Ce sont elles qui, in fine, décident de la consommation familiale, quel que soit le type d'achats. Ce pouvoir s'exerce dans la proximité, et c'est dans leur environnement proche qu'il est avéré. Tant pour les modes de consommation, de vie ou d'expression, elles fixent le ton autour d'elles, sans doute bien plus que les " peoples " !
Elles ont eu le talent d'inventer des modèles, par essais, tâtonnements et expérimentations parfois douloureuses (la superwoman des années 80). Désormais les hommes aussi auront à adopter ces modèles, pour lesquels elles ont montré la voie.
Enfin, elles sont en train de faire de l'entreprise un laboratoire social pour le management : elles remettent en cause un des piliers du management à l'ancienne, la séparation hiérarchique entre le management et les exécutants, via la prise en compte de la vie privée, pour leurs collaborateurs comme pour les femmes qu'elles encadrent. Elles ont introduit les variables du monde extérieur dans l'organisation du travail. Les solutions innovantes en matière de temps de travail ont d'abord été expérimentées par les femmes.
Enfin, selon l'observatoire des cadres de la CFDT, elles impulsent une nouvelle culture de la négociation, et du dialogue, pour battre en brèche la tradition du rapport de force qui a prévalu dans les relations sociales à l'intérieur de l'entreprise jusqu'ici.
Magazine Comnews
La fracture générationnelle
Entre les générations de cadres nées après le baby boom, âgées aujourd'hui de plus de 45 ans et les jeunes, il existe plus qu'une différence d'âge, une véritable fracture.
Les plus âgées, moins nombreuses, sont des défricheuses isolées, qui constituaient encore un alibi ou une exception dans le monde du travail. Leur compétence toujours mise en doute exigeait ténacité et implication totale. Leur vie a davantage été subie que choisie. Elles évoquent souvent les sacrifices consentis.
Pour les plus jeunes, plus nombreuses, leur compétence n'est pas mise ne doute. Leur niveau de diplômes parle déjà pour elles. Leur statut, affirmé et reconnu, leur épargne des discussions mangeuses d'énergie avec leur compagnon sur " qui fait quoi ". L'esprit libre, apaisées, elles se consacrent totalement à toutes les séquences de leur vie. Réalistes, elles ne se bercent pas d'utopies, et ont le sentiment que, le plus gros étant fait, il ne leur reste que des détails à régler.
Leur nombre et leur histoire en font une population véritablement homogène, une cible, et la première génération de femmes satisfaites de leur sort en tant que femmes actives .
Vu de loin
La vie est dense, comme pour toutes les femmes, et comme pour tous les cadres. Par ailleurs, on en demande plus aux femmes, D'abord d'être compétente. Et en plus, il vaut souvent mieux qu'elles soient agréables à regarder.
A cela s'ajoute le fameux phénomène du plafond de verre, décrit par les américains : aussi haut qu'elles parviennent dans la hiérarchie, elles n'atteignent pas les postes de pouvoir, se heurtant à cet obstacle dissimulé. Subsiste dans le monde du travail une entrave à la progression des femmes qui jusqu'ici, leur interdit la plupart des fonctions les plus élevées dans les secteurs public comme privé.
Vu de près
Certes, à poste égal, salaire inférieur (-20% que les hommes en moyenne), et à talent égal, voire supérieur, statut inégal. Ceci étant, les femmes cadres se déclarent tout aussi satisfaites de leur situation professionnelle que les hommes (87 et 86 %, enquête Cadroscope 2000), et vivent leur quotidien, d'autant plus chargé qu'elles ont des enfants, dans un sentiment de jubilation.
Pourquoi ?
Leur statut et leur expertise font désormais autorité, elles l'ont prouvé dans la durée. Elles se sentent reconnues et valorisées par leur entourage. Et le rapport à la dépense a matérialisé leur évolution : de salaire d'appoint, qui devait traditionnellement rester inférieur à celui du mari, avec une forte culpabilisation à la dépense " somptuaire " ou trop personnelle, le salaire est désormais totalement légitime, et la dépense, même futile, n'est jamais justifiée.
Quant au plafond de verre, et c'est une des surprises révélées par l'étude, même si elle ne plaira pas aux féministes : il est implicitement accepté, voire même installé par les femmes. D'abord, elles se comparent aux autres femmes, leurs mères, celles qui sont autour d'elles et n'ont ni leur aisance, ni leurs perspectives. Ensuite, elles n'expriment jamais leur réussite en termes de carrière, et se refusent à établir des priorités dans tout ce qui compose leur vie. Enfin, et surtout, elles n'ont pas envie du pouvoir tel qu'il s'incarne traditionnellement, dans des personnages dont la vie n'est pas enviée, a fortiori lorsqu'il s'agit des très rares femmes aux postes de pouvoir, toujours suspectes d'avoir sacrifié leur vie de femme à leur carrière.
Le pouvoir d’influence
Si, malgré les contraintes de leur vie, et des perspectives toujours réduites, les cadres femmes sont si satisfaites de leur sort, c'est aussi, et surtout, qu'elles disposent d'un énorme pouvoir d'influence, qu'elles utilisent tous azimuts :
Si elles ne sont pas " chef " dans l'entreprise, elles le sont à part entière dans la famille. Ce sont elles qui, in fine, décident de la consommation familiale, quel que soit le type d'achats. Ce pouvoir s'exerce dans la proximité, et c'est dans leur environnement proche qu'il est avéré. Tant pour les modes de consommation, de vie ou d'ex
Elles ont eu le talent d'inventer des modèles, par essais, tâtonnements et expérimentations parfois douloureuses (la superwoman des années 80). Désormais les hommes aussi auront à adopter ces modèles, pour lesquels elles ont montré la voie.
Enfin, elles sont en train de faire de l'entreprise un laboratoire social pour le management : elles remettent en cause un des piliers du management à l'ancienne, la séparation hiérarchique entre le management et les exécutants, via la prise en compte de la vie privée, pour leurs collaborateurs comme pour les femmes qu'elles encadrent. Elles ont introduit les variables du monde extérieur dans l'organisation du travail. Les solutions innovantes en matière de temps de travail ont d'abord été expérimentées par les femmes.
Enfin, selon l'observatoire des cadres de la CFDT, elles impulsent une nouvelle culture de la négociation, et du dialogue, pour battre en brèche la tradition du rapport de force qui a prévalu dans les relations sociales à l'intérieur de l'entreprise jusqu'ici.
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