Etre et rester compétitif : un vrai choix ou une obligation ?
Vous êtes vous déjà posé la question de savoir pourquoi vous travaillez autant ? Pourquoi vous partez tous les matins tête baissée à votre bureau et rentrez tard le soir sans avoir eu le temps de passer un moment avec vos enfants ? Pourquoi vous ne comptez pas vos heures de travail et restez disponibles 24h/24, le week-end et aussi pendant vos congés ? Est-ce pour l'argent ? Est ce pas ambition ? Est-ce une question de compétition ?

Ces challenges incessants auxquels vous êtes confrontés sont-ils naturels pensez-vous ? Pensez-vous vraiment que la surcharge de travail et l'investissement à outrance sont le lot inévitable du privilège de votre fonction ? Si c'est le cas, arrêtez-vous s'il-vous-plait et faites une pause ! Selon une étude, travailler plus de 8h par jour augmente les risques de crise cardiaque et d'attaque cérébrale de 40 à 80% et travailler plus de 11h augmente le risque de dépression. Pensez-vous donc vraiment que ça vaille le coup de mettre sa vie en danger pour quelques milliers de dirhams de plus ou pour montrer aux yeux de la société que vous avez réussi dans la vie ? Non, vous savez bien que non...

Alors quelles sont les raisons de ce comportement limite « suicidaire » qui touche aujourd'hui la quasi-totalité de la population des cadres et dirigeants de la planète aussi bien masculine que féminine ?
La pression des entreprises à toujours en vouloir plus Le marché économique étant devenu de plus en plus concurrentiel, la volonté des entreprises de vouloir rester en compétition a entraîné une surcharge de travail des cadres et dirigeants importante et un dépassement toujours accru des objectifs.

Aujourd'hui, l'on ne parle plus que de vision stratégique, plan d'action, objectifs, chiffres, résultats...Et ce, à tous les niveaux de hiérarchie. Les termes comme management, leadership, développement personnel sont devenus les tendances à la mode. On se forme, on développe ses compétences en résumé on devient toujours et encore plus performant pour atteindre les résultats que l'entreprise nous impose. Et nous sommes nous-mêmes tellement convaincus qu'il faut travailler plus pour être toujours plus performant que nous trouvons désormais cela normal et que nous vivons avec sans nous poser de questions... Pourtant combien d'entre vous souffrent et subissent cette situation sans rien dire, comme si cela était une fatalité liée à vos «hautes» responsabilités...Plutôt que de se poser la question de savoir si ce rythme de vie est normal, l'on va plutôt chercher à faire quelque chose pour rester encore plus compétitifs ou « dans la course ».

On va même jusqu'à vouloir apprendre à gérer notre stress sans pour autant diminuer notre rythme ??? Les modifications organisationnelles et la division des tâches Dans un souci de diminution des coûts et des charges, nombre de cadres et dirigeants se voient désormais accomplir des tâches qui autrefois incombaient à leurs subordonnés ou à leurs assistantes. Maintenant il faut écrire son courrier, prendre ses rendez-vous et ne demander que le strict minimum à son assistante sous peine de se voir remonter les bretelles. Du coup, en plus de ses responsabilités et du management de ses équipes, le manager devra prendre du temps sur son travail personnel pour gérer ces tâches administratives, qu'il accomplira en trouvant cela normal car cela démontrera chez lui une polyvalence exigée aujourd'hui par les employeurs ! Cette division des tâches a entrainé également une segmentation du travail des cadres et managers : ils sont donc de plus en plus dépendant du travail des autres mais tout en restant évalués individuellement.

Ils ont la pression de délivrer des dossiers ou des résultats, dans l'urgence, tout au long de l'année et doivent pour cela absorber un surcroît de travail important qu'ils trouveront encore une fois normal car lié à leurs responsabilités et performance... La compétitivité interindividuelle Les exigences au travail ayant ainsi beaucoup évoluées, le mot d'ordre aujourd'hui des cadres et dirigeants est d'être et de rester toujours plus compétitifs. Et cette compétitivité n'est plus seulement celle de leur entreprise face au marché, mais est devenue, au sein de l'entreprise, une vraie compétitivité interindividuelle. Les compressions des niveaux hiérarchiques et la compétition qui en découle fait que l'on se mesure les uns les autres.

Au sein même de leurs équipes, certains cadres et managers réalisent au final être en situation de compétition entre « concurrents ». Du coup, on va parler de « clientélisation des rapports entre collègues ». Que cela soit volontaire ou pas de la part des directions, si certains collègues deviennent des “clients” ou des “prestataires” internes, d'autres vont par définition devenir des “concurrents”. Les entretiens d'évaluations ne vont pas manquer d'ailleurs d'enfoncer le clou de la qualité du travail du concurrent et d'activer davantage cette compétition entre salariés...

Ces nouvelles conditions de travail sont devenues une normalité pour la majorité des managers et cadres dirigeants
qui ne remettent pas en cause la surcharge permanente de travail ni la pression quotidienne qui peut peser sur leurs épaules mais qui au contraire, remettent en cause leurs propres compétences lorsque leur travail déborde sur leur vie privée et qu'ils ont du mal à gérer leur stress ??? La stratégie RH des entreprises a tendance à les conforter dans cette optique à travers ses plans de formation et de gestion des compétences...Pour les cadres et managers, il s'agit donc avant tout d'être et de rester compétitifs contre vents et marées. Mais vous, jusqu'où irez-vous ?

Philippe Montant
Directeur Général ExeKutive.biz
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