Leadership : des chevaux et des hommes
Le leadership chez les chevaux : une question de survie Quand on observe le rapport des chevaux avec la nature et leurs semblables, on remarque que le cheval, en animal grégaire, a toujours eu besoin de la présence d'un leader. Dans une horde de chevaux sauvages, le leader donne l'impulsion, guide le groupe et en organise les différentes fonctions bénéfiques à leur survie (surveiller, prévenir du danger…). Grâce à lui, les chevaux peuvent boire, manger et se déplacer en toute sécurité. Leur survie est à ce prix : une coopération intelligente. Imposer, contraindre : l'usage de la force dans la relation homme-cheval.

Lorsque l'homme a entamé la domestication du cheval sauvage, en qui il voyait une aide au travail et autres avantages, il l'a fait par la force et par la soumission au sens le plus péjoratif du terme. Le cheval ne voyait en cet «animal inconnu» qu'un prédateur potentiel qui, s'il s'y soumettait, assurait sa survie en lui offrant la sécurité d'un abri, à boire et à manger. Il accepta de renoncer à sa liberté pour garder la vie, l'instinct étant le plus fort. Doté d'une force physique et d'une vitesse de course supérieures, il pouvait pourtant facilement éviter l'étreinte qu'on voulait lui imposer et qu'il pensait mortelle... L'homme parvint à le capturer -par ruse et non par force- et voulut le domestiquer -par force et non pas ruse-.

Devant son impuissance à lui faire comprendre ses volontés bien humaines, l'homme a utilisé violence et contrainte... Le cheval n'avait donc pas vraiment le choix «coopérer » était l'assurance de sa survie.
Écouter, comprendre, agir en leader ou bien imposer par la brutalité ? Toutefois, au fil du temps, la croyance que l'obéissance à une volonté émise par un leader -un «chef»- devait être proportionnelle aux (mauvais) traitements subis a très favorablement évolué. De nouvelles méthodes sont apparues et la conviction surtout que l'autorité sans leadership ne conduit nulle part. Monty Roberts, précurseur en matière de «méthodes douces» de dressage des chevaux a dit : «un bon dresseur peut faire en sorte qu'un cheval fasse ce qu'il veut, un excellent dresseur –un leader- fera en sorte que le cheval veuille le faire». Ainsi les méthodes «d'éducation» des chevaux ont, et c'est heureux, positivement et drastiquement évolué. Aujourd'hui, on obtient par la suggestion et l'envie de faire ce que la «soumission» obtenue par la force et la contrainte n'avaient jamais permis d'obtenir...

L'homme a appris à parler «cheval» car les chevaux ne comprennent qu'une seule langue : la leur. Ils ont très vite compris leur intérêt à coopérer: manger, dormir, se trouver en sécurité… Une analogie très claire à la pyramide de Maslow… Ce comportement gagnant-gagnant a convaincu les chevaux de ne plus fuir. Modifier son style de leadership : une clé de la performance humaine Cette évolution dans la relation homme-cheval, si on est convaincu qu'elle est capable de modifier considérablement notre façon de ""diriger"", trouve naturellement sa place dans les relations de travail. Le leadership est d'abord une écoute et compréhension de l'autre.

Le leader incite, suggère mais n'impose pas par la force irraisonnée. Les collaborateurs peuvent librement exprimer leur créativité, se sentir valorisés, donc aller plus loin ! Celui qui, comme chez les chevaux, est capable de porter -et partager sans l'imposer- une vision et les moyens d'assurer survie et confort au groupe s'impose naturellement comme leader. Il ne contraint ni ne soumet, il incite par son charisme, sa capacité de conviction, son objectivité, sa crédibilité. Il sait où aller, les membres du groupe lui font confiance et le suivent non pas parce qu'ils le «doivent» mais parce qu'ils «sont convaincus qu'il peut les mener vers le but commun auquel ils ont tous adhéré».

Un «bon» leader sera celui qui «donnera envie à ses collaborateurs de se lever le matin et de se dépasser à ses côtés». Leur confort de vie en dépend
. Comme son nom l'indique, le leader doit guider -donner une direction-, créer une vision, y faire adhérer ses équipes et s'appuyer avec confiance sur leurs capacités. Il ne doit pas s'évertuer à «être directif» mais plutôt à «inviter à faire», à instaurer une confiance réciproque, une envie de se dépasser, pour atteindre un but commun à l'entreprise et ses collaborateurs.

Si le leader ne les a pas convaincus, les membres du groupe «fuiront» comme le font instinctivement les chevaux
devant un prédateur. Cette fuite se traduira immanquablement par un manque de coopération, une performance réduite, un renoncementTout le monde est perdant : l'entreprise ET le collaborateur. Un style de leadership utilisant la contrainte et la force ne donne lieu qu'à frustration et sous-performance, individuelle et collective, tandis que le leadership par consentement provoque l'exact effet inverse, chez les chevaux comme chez les hommes. Auteur : Marie Coulbois «Créatrice de MCBS, Cabinet en conseil RH»
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