Manager avec bienveillance, est-ce possible ?

Faut-il penser, en 2016, que manager avec compréhension et bienveillance est une folie dans un univers professionnel plus compétitif que jamais, bien loin du joli monde des Bisounours ?

Peut-être pas. Peut-être est-il des biais, des manières de manier la gentillesse et l'humanité sans être, de suite, taxé de faiblesse, de lâcheté ou de manque de caractère ...

Souvent, face à un boss compréhensif et accessible, les pensées qui affluent ne sont pas positives. Ainsi, parfois, il sera soupçonné d'être un manipulateur sournois, un calculateur ou un démagogue, voire un froid cynique. Pourtant, on peut être bienveillant sans sombrer dans le paternalisme caricatural ou le rôle du psychologue de quartier, voire de comptoir …

Comment se montrer efficace, pragmatique, centré à la fois sur les objectifs et le bien-être de tous ?


1. Eviter d'être trop directif

Etre bienveillant, ce n'est pas avoir la volonté de comprendre l'autre tout en demeurant, fondamentalement, tyrannique et incapable de déléguer. Il s'agit, plutôt, d'être capable de dépasser la certitude que l'on a toujours raison, sur tout, que l'on maîtrise, comme personne, le sujet et le dossier.
Avoir l'humilité de déposer son ego, pendant quelques heures, aide bien le manager qui se veut sympathique et accommodant.


2. Pratiquer l'empathie

Etre empathique, c'est, en langage courant, ce phénomène de l'émotion qui est souvent rendu par l'expression « se mettre à la place » de l'autre, être en mesure de se « glisser dans ses baskets ». Un manager empathique est capable d'accéder au point de vue du salarié et de lui tendre une main amicale et salvatrice, si besoin est. Ainsi, par exemple, le boss sait aller vers son salarié et lui dire, sobrement : « J'ai l'impression que le dossier X te pose un problème. Est-ce que je me trompe ? ». Il sait également écouter, montrer qu'il a bien compris où se situait la difficulté et laisser le travail suivre son cours, sans lâcher prise là où une aide est demandée.
Attention, toutefois, à bien faire la nuance entre entendre et comprendre et compatir et faiblir.


3. Ajuster, réajuster

Même débonnaire et profondément humain, le boss ne revient jamais sur ce qui constitue le coeur, le noyau de son action et/ou de son organisation. Il ne perd pas de vue les objectifs, les présente, les met en avant et les rappelle aussi souvent que nécessaire. Cependant, il est suffisamment conscient et intelligent pour savoir revisiter la charge de travail de chacun, de déléguer à qui est apte et d'alléger la tâche de qui croule déjà sous les contraintes. Il ne s'agit pas, ici, d'ôter les responsabilités de chacun mais de les adapter en fonction de la réalité positive du terrain.


4. Féliciter et savoir sourire

L'un des meilleurs moyens d'être bienveillant et attentif, sans se montrer inconsistant, est de savoir reconnaître les succès de l'autre et d'être capable de le lui exprimer sereinement, dans un bureau. Un mot enthousiaste sur son action et sa réussite prouvera que vous connaissez bien chacun, que vous suivez l'évolution des dossiers en cours, que vous êtes présent sans être omniprésent, ni omnipotent.




Philippe Montant
Directeur Général ReKrute